Le député Amadou Ba révèle que certaines agences de l’État dépensent jusqu’à 30 millions de francs CFA par mois en loyers, appelant à une réforme de la gestion du foncier public pour réduire ces charges au sein de l’administration.
Le Pastef entend transformer le débat sur le patrimoine bâti de l’État en levier de réformes législatives. Alors que les travaux de la commission d’enquête parlementaire se poursuivent à l’Assemblée nationale, le député Amadou Ba plaide pour une meilleure gestion du foncier public et une réduction des dépenses locatives de l’administration. Une contre-offensive politique qui vise à faire déboucher les investigations sur de nouvelles lois.
Dans une contribution intitulée « Patrimoine bâti : au-delà du scandale, les futures propositions de la commission d’enquête », le parlementaire de la majorité dénonce un système dans lequel l’État continue de dépenser des sommes importantes pour loger ses administrations, alors qu’il dispose d’un patrimoine foncier susceptible d’être mieux exploité.
«Certaines agences paient parfois jusqu’à 30 millions de francs CFA de loyer par mois, et souvent en périphérie du cœur de Dakar, comme à la Cité Keur Gorgui », affirme-t-il. Pour Amadou Ba, cette situation illustre la nécessité de revoir les mécanismes de gestion et de valorisation des biens publics.
Le foncier public au cœur des réformes annoncées
Le député propose notamment de récupérer et de valoriser les terrains appartenant à l’État en y construisant des immeubles de bureaux destinés aux agences et aux administrations publiques. L’objectif serait de réduire durablement les charges locatives et de préserver les ressources publiques.
Amadou Ba envisage également que ces infrastructures puissent servir de garanties pour mobiliser des financements, notamment à travers des prêts d’État ou des sukuks, plutôt que de laisser le potentiel économique du foncier profiter à des intérêts privés.
Le parlementaire insiste toutefois sur la finalité de la démarche. Selon lui, la commission d’enquête ne doit pas servir à régler des comptes politiques, mais à préparer un nouveau cadre juridique. « Il n’a jamais été question de vilipender ou d’indexer des individus à travers les commissions d’enquête, mais de proposer de nouvelles lois d’encadrement, de gestion et de valorisation du patrimoine bâti de l’État », souligne-t-il.
