L’ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé, samedi 17 octobre, le retrait de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Sa décision intervient au lendemain du sixième vote indicatif du Conseil de sécurité, au cours duquel trois membres permanents ont exprimé leur opposition à sa candidature. Près d’un mois après le retrait de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, ce nouveau désistement intervient alors que la compétition peine toujours à dégager un candidat consensuel.

Macky Sall renonce à succéder à António Guterres à la tête des Nations unies. L’ancien président sénégalais a annoncé sa décision dans une déclaration datée du 17 octobre à Marrakech, au lendemain du premier vote indicatif à bulletins colorés du Conseil de sécurité.

Dans ce document, il explique avoir pris sa décision après des consultations avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la CEDEAO.

« J’ai pris cette décision avec un profond sens des responsabilités, en espérant contribuer ainsi à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité », déclare-t-il.

L’ancien chef de l’État estime que les résultats des différents votes indicatifs traduisent une préférence pour une candidature issue d’Amérique latine et des Caraïbes, éventuellement féminine. Il remercie Évariste Ndayishimiye, qui avait parrainé sa candidature, ainsi que Bassirou Diomaye Faye pour son soutien.

Trois membres permanents opposés à sa candidature

Le retrait de Macky Sall intervient après un scrutin particulièrement défavorable à ses ambitions. Vendredi, le Conseil de sécurité a utilisé pour la première fois des bulletins colorés permettant de distinguer les votes des cinq membres permanents de ceux des dix membres élus.

L’ancien président sénégalais a obtenu cinq encouragements contre dix découragements, dont trois provenant des membres permanents disposant du droit de veto. Deux autres permanents ont néanmoins encouragé sa candidature.

Jusqu’ici, les précédents scrutins ne permettaient pas de déterminer si les oppositions à Macky Sall provenaient des grandes puissances. Le vote de vendredi a levé cette incertitude.

Les découragements exprimés lors de ces consultations informelles ne constituent pas des veto formels, mais ils représentent un obstacle majeur à la recommandation d’un candidat par le Conseil de sécurité.

Macky Sall n’est toutefois pas le seul à rencontrer cette difficulté. Les sept candidats présents lors du sixième scrutin ont enregistré au moins deux découragements provenant des membres permanents.

Un deuxième ancien chef d’État se retire

Le retrait de Macky Sall intervient près d’un mois après celui de Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, qui avait annoncé le 19 septembre sa décision de ne plus poursuivre sa candidature.

L’ancienne haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme avait elle aussi rencontré des difficultés lors des votes indicatifs. Au troisième scrutin, elle n’avait recueilli qu’un seul encouragement contre onze découragements et trois votes sans opinion.

Sa candidature avait pourtant été présentée initialement par trois pays d’Amérique latine, le Chili, le Brésil et le Mexique. Après le retrait du soutien chilien en mars, le Brésil et le Mexique avaient maintenu leur parrainage avant de notifier officiellement son retrait en septembre.

Contrairement à Macky Sall, Michelle Bachelet n’avait pas attendu le scrutin à bulletins colorés pour quitter la compétition. Les deux anciens chefs d’État ont néanmoins pris leur décision après des résultats défavorables au Conseil de sécurité.

Dans sa déclaration, Macky Sall réaffirme son attachement aux idéaux qui avaient motivé sa candidature, notamment la paix, la sécurité, le développement et la coopération internationale. Il appelle également l’Afrique à poursuivre ses efforts pour faire entendre sa voix dans la gouvernance mondiale.

Son retrait laisse désormais six candidats en lice pour succéder à António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre prochain.

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