Travaux de construction sur l’autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis, machines et ouvriers sur le chantier.

Malgré la réduction des investissements publics, le gouvernement maintient plusieurs grands projets d’infrastructures dans son budget 2027. Routes, établissements de santé, universités, assainissement et équipements agricoles figurent parmi les priorités. Leur réalisation dépendra toutefois de la disponibilité des ressources publiques et des financements mobilisés auprès des partenaires extérieurs.

Le Sénégal entend poursuivre ses grands chantiers dans un contexte de restrictions budgétaires. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une réduction de 237,1 milliards FCFA des dépenses d’investissement, ramenées à 2 011,8 milliards FCFA contre 2 248,9 milliards dans le budget 2026 ajusté. Cette baisse intervient alors que le gouvernement cherche à ramener son déficit budgétaire de 7,6 % du PIB en 2026 à 4,7 % en 2027.

Malgré ces contraintes, plusieurs projets structurants restent inscrits parmi les priorités. Le gouvernement prévoit notamment 108,2 milliards FCFA pour la construction de l’autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis, destinée à améliorer la circulation des personnes et des marchandises dans le nord du pays.

Le secteur de la santé figure également parmi les priorités, avec 91,1 milliards FCFA prévus pour un projet de construction de quatre hôpitaux, auxquels s’ajoutent 12,8 milliards pour la construction et l’équipement de centres de santé.

Dans l’enseignement supérieur, 29,3 milliards FCFA sont annoncés pour la construction et la réhabilitation des universités.

Le gouvernement prévoit également 45,2 milliards FCFA pour améliorer la connectivité des zones de production agricole, un investissement destiné à faciliter l’acheminement des produits vers les marchés.

D’autres projets concernent la dépollution de la baie de Hann, avec 41,6 milliards FCFA, l’assainissement du pôle urbain de Diamniadio, avec 31,9 milliards, ainsi que la construction du second pont de Ziguinchor, pour 27,3 milliards.

La question centrale reste toutefois celle du financement effectif de ces investissements.

Comment le gouvernement va-t-il financer ces projets ?

L’exécutif aura besoin de liquidités pour réaliser ses projets. Le projet de budget nous informe un peu plus sur les sources de financement. Sur les 2 011,8 milliards FCFA de dépenses en capital prévus en 2027, l’État compte mobiliser 956,8 milliards sur ressources internes et 1 055 milliards sur ressources extérieures.

L’annexe XI du document permet d’identifier plusieurs partenaires financiers. Elle présente les projets financés sur ressources extérieures, leurs bailleurs ainsi que les autorisations d’engagement et les crédits de paiement prévus pour 2027.

Pour l’autoroute Dakar–Tivaouane–Saint-Louis, par exemple, le document identifie plusieurs sources de prêts, dont la Banque africaine de développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la Banque islamique de développement (BID), la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) et d’autres institutions financières.

Cette diversification permet de répartir le financement entre plusieurs partenaires. Elle souligne également l’importance des conditions de décaissement et du calendrier de mobilisation des ressources.

Au-delà du budget annuel, la Stratégie nationale de développement 2025-2029 prévoit un programme d’actions prioritaires estimé à 18 496,8 milliards FCFA, dont 12 821,4 milliards à la charge de l’État et environ 5 675,4 milliards attendus du secteur privé, notamment à travers les partenariats public-privé. L’État mise ainsi sur une participation importante des entreprises et des investisseurs pour réaliser ses ambitions.

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