ONU : Washington accuse la présidente de l’Assemblée générale d’ingérence dans la sélection du prochain Secrétaire général
À la veille d’un nouveau tour de scrutin informel pour désigner le prochain Secrétaire général des Nations unies, les États-Unis ont vivement critiqué la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, lui reprochant d’avoir outrepassé ses prérogatives et de risquer de fragiliser le processus de sélection.
Les États-Unis ont ouvertement pris position mercredi 19 août contre la manière dont la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies intervient dans le processus de sélection du prochain Secrétaire général. Lors d’un débat du Conseil de sécurité consacré aux méthodes de travail, l’ambassadrice américaine Jennifer Locetta a dénoncé ce qu’elle qualifie de « dépassement de pouvoir » de la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock.
« Les actions de la présidente de l’Assemblée générale constituent une ingérence et sont irresponsables », a déclaré la diplomate américaine, estimant qu’elles pourraient « affaiblir » le processus de sélection. Washington affirme que le Conseil de sécurité reste l’organe chargé, conformément à la Charte des Nations unies, de recommander à l’Assemblée générale le candidat appelé à devenir le prochain Secrétaire général.
Les critiques américaines portent notamment sur le Town Hall organisé le 23 juillet avec les candidats. Un sondage auprès du public avait alors permis de recueillir des appréciations sur leurs prestations. Jennifer Locetta a jugé cette initiative « injuste, non transparente et sans précédent », soulignant que la plupart des participants au sondage ne disposent d’aucun rôle officiel dans la procédure de désignation.
Washington s’en prend également à une lettre adressée par Annalena Baerbock au Conseil de sécurité. La présidente de l’Assemblée générale avait encouragé le Conseil à privilégier les candidats ayant déjà participé aux dialogues organisés devant l’Assemblée. Cette démarche faisait notamment suite à l’entrée tardive dans la course de l’ancien ministre ougandais Olara Otunnu, qui n’avait pas encore participé à ces auditions lorsqu’il a été intégré au premier scrutin informel. Security Council Report confirme que Baerbock avait demandé au Conseil de tenir compte de cette séquence de consultations publiques avant l’examen des candidatures.
Pour les États-Unis, cette condition ne peut cependant pas être imposée au Conseil. « Le Conseil peut examiner des candidats qui n’ont jamais participé à un dialogue de l’Assemblée générale », a insisté Jennifer Locetta, rappelant la réponse déjà apportée par la présidence du Conseil de sécurité à Annalena Baerbock.
Cette confrontation intervient alors que la procédure entre dans une phase décisive. Le premier straw poll, scrutin informel permettant de mesurer la viabilité des candidats, s’est tenu le 30 juillet. D’autres tours sont attendus au cours du mois d’août et un deuxième vote pourrait intervenir dès le 21 août, selon le calendrier évoqué par la présidence danoise du Conseil de sécurité.



