Nations Unies: Au moins 2 membres permanents auraient « décourager » la candidature de Macky Sall
Le premier « straw poll » ou vote indicatif pour la succession d’Antonio Guterres a livré un résultat difficile à interpréter pour Macky Sall : 6 « favorables», 7 « défavorables» et 2 « sans opinion ». Derrière ces chiffres, une question se pose : parmi les 7 votes défavorables, combien pourraient provenir des cinq membres permanents du Conseil de sécurité qui détiennent le pouvoir de veto ?
Le scrutin étant secret, aucune certitude n’est possible. Mais une hypothèse de travail permet de mesurer le risque auquel l’ancien président sénégalais pourrait être confronté. Parmi les six votes favorables obtenus par Macky Sall, les soutiens les plus naturels pourraient d’abord être recherchés du côté des trois membres africains du Conseil de sécurité : la RDC, le Liberia et la Somalie qui d’ailleurs ne s’étaient pas illustrés dans la rupture « du processus de silence » introduit par le Burundi , le 26 mars dernier pour le soutien de l’Union Africaine de la candidature de Macky Sall. À ceux-ci pourraient s’ajouter le Pakistan et Bahreïn, deux pays avec lesquels une solidarité diplomatique, africaine ou musulmane, peut raisonnablement être envisagée.
Resterait alors la France. Les relations étroites entretenues pendant plusieurs années entre Macky Sall et Emmanuel Macron, ainsi que la proximité politique et diplomatique entre Paris et l’ancien chef de l’État sénégalais, rendent plausible l’hypothèse d’un vote français favorable. Trois Africains, deux pays musulmans et la France : le compte arrive exactement à six.
Les Conséquences qui en découlent…
Si cette reconstitution est correcte, elle produit une conséquence beaucoup plus préoccupante pour la candidature sénégalaise. Les neuf autres membres du Conseil seraient alors les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, le Danemark, la Grèce, la Lettonie, la Colombie et le Panama. Or ces neuf pays doivent nécessairement se répartir entre les sept « discourage » et les deux « no opinion ».
Parmi eux figurent quatre membres permanents : les États-Unis, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni. Même dans le scénario le plus favorable à Macky Sall, où les deux « no opinion » seraient attribués à deux de ces quatre puissances, les deux autres auraient nécessairement voté « discourage ».
Autrement dit, si l’hypothèse sur les six votes favorables est juste, Macky Sall aurait reçu au minimum deux votes négatifs de membres permanents du Conseil de sécurité.
C’est là que le résultat du premier straw poll prend une autre dimension. Dans l’élection du Secrétaire général, obtenir neuf voix ne suffit pas. Il faut également éviter l’opposition d’un membre permanent. Un « discourage » venant des États-Unis, de la Chine, de la Russie, de la France ou du Royaume-Uni peut donc annoncer un obstacle beaucoup plus sérieux qu’un simple déficit de voix.



