Dette, fonds spéciaux et gestion de la Primature : le Premier ministre a multiplié les mises en cause de son prédécesseur en défendant le budget rectificatif, ce dimanche 25 octobre. Après la conférence de presse du gouvernement, Pastef a apporté une réplique en lui oppose une exigence de respect, au moment où l’Exécutif cherche un accord avec l’Assemblée nationale.
Le Premier ministre n’a pas été tendre envers Pastef et ses dirigeants, notamment Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale. Face à la presse, dimanche 25 octobre, après le rejet du budget rectificatif en commission, Ahmadou Al Aminou Lô a proposé le dialogue tout en portant trois charges contre son prédécesseur : sur la dette, les fonds spéciaux et la gestion de la Primature.
Sa première charge concerne le traitement de la dette. Al Aminou Lô affirme que son prédécesseur lui aurait confié : « Je suis d’accord, mais trouvons la bonne appellation. » Il assure pouvoir retrouver la date de cet échange dans son téléphone. À travers ce récit, il conteste la position publique de Sonko et lui attribue un accord privé sur un dossier qui oppose aujourd’hui les deux camps.
Sur les fonds spéciaux, le Premier ministre renvoie également son prédécesseur à ses responsabilités passées. Sonko aurait lui-même utilisé ces crédits avant d’exiger leur encadrement comme condition du vote budgétaire. Al Aminou Lô évoque aussi un projet de décret transmis à une heure du matin, avant son examen en pré-conseil. Selon son récit, le président de la République aurait demandé un travail plus global et de meilleures conditions de discussion.
La troisième mise en cause touche à la gestion de la Primature. « Moi, je sais ce que j’ai trouvé à la Primature », déclare-t-il, avant d’évoquer ce qu’il n’aurait pas trouvé et ce qui n’aurait pas dû s’y trouver. Une allusion qui a immédiatement alimenté la réplique de Pastef.
Pastef réclame le respect avant le dialogue
Lors du point de presse du parti, le député Amadou Ba demande au chef du gouvernement de cesser ses « menaces » et de rendre public tout dossier qu’il détiendrait contre Ousmane Sonko. Il l’invite à « se concentrer sur l’essentiel ».
La réponse porte aussi sur le ton employé envers les parlementaires. Al Aminou Lô a raillé les compétences des juristes de Pastef et suggéré que les explications du ministre des Finances avaient peut-être été mal comprises.
El Malick Ndiaye y voit une démarche incompatible avec la concertation annoncée. « Il ne peut pas se permettre de nous insulter, de nous rabaisser », dénonce-t-il, en contestant les propos visant les députés. Puis il interroge : « Ils dialoguent avec qui ? »
Le différend budgétaire se double ainsi d’un contentieux sur le respect entre les institutions. Le Premier ministre se dit disponible pour rencontrer le président de l’Assemblée nationale avec ses ministres et ses techniciens. Mais ses interlocuteurs lui répondent désormais autant sur ses attaques que sur les crédits à voter.
En multipliant les piques contre Sonko et les élus de Pastef, Al Aminou Lô risque donc de réduire lui-même les chances du dialogue qu’il réclame, avant l’examen de la loi de finances rectificative en plénière, mardi 27 octobre.
