SÉNÉGAL — À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, s’est exprimé sur les principaux défis de son département. Invité de l’émission Sans filtre de la RTS, il est revenu sur la sécurisation de Dakar 2026, les inondations, le désencombrement des rues, la mendicité et les contrôles migratoires, mais aussi sur la circulation routière et les prochaines élections locales.
JOJ 2026 : un dispositif sécuritaire testé avant l’ouverture
Pour les Jeux olympiques de la jeunesse, prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026, le Sénégal a mis en place un plan associant police, gendarmerie, armée, sapeurs-pompiers et personnels de secours. Le ministre a détaillé une organisation à quatre niveaux de coordination, du comité national de sécurité aux postes de commandement tactiques.
Le dispositif a déjà fait l’objet de plusieurs exercices, notamment d’une simulation d’attaque en conditions réelles, tenant compte de la circulation à Dakar. Des couloirs d’accueil spécifiques sont également prévus à l’aéroport pour les délégations, avec des dispositions aux frontières terrestres. Menaces terroristes, risques cybernétiques et interventions d’urgence ont été intégrés à la préparation, avec l’appui de partenaires internationaux.
« Le risque zéro, il n’existe pas », a reconnu Makhtar Cissé. L’enjeu, selon lui, est d’anticiper au maximum les menaces, sans négliger la sécurité quotidienne des Sénégalais. Il espère aussi que ces Jeux laisseront un héritage durable en matière de coopération entre les forces de défense et de sécurité.
Inondations : le choix de ne pas activer le plan ORSEC
Le ministre a également assumé la décision de ne pas proposer au chef de l’État le déclenchement du plan ORSEC après les fortes inondations enregistrées à Dakar. D’après ses explications, les moyens de pompage des sapeurs-pompiers et des services de l’assainissement étaient déjà engagés, tandis que les prévisions météorologiques annonçaient une accalmie.
Dans ces conditions, il estime que l’activation du plan aurait ajouté un niveau de commandement sans nécessairement améliorer l’efficacité des opérations. Makhtar Cissé a aussi évoqué la saturation des ouvrages d’assainissement et la présence d’habitations dans des zones où, selon lui, il n’aurait pas fallu construire. Il a signalé l’existence d’un récent rapport de la Cour des comptes sur la gestion des plans ORSEC, dont les recommandations doivent encore être exploitées.
Désencombrement, mendicité et circulation : au-delà de la répression
À propos du désencombrement des voies publiques, Makhtar Cissé a rappelé le rôle des mairies dans la gestion de l’espace urbain. Il a reconnu la difficulté de maintenir libres les axes dégagés lorsque les espaces ne sont pas réaménagés et que les commerçants et artisans ne disposent d’aucune solution de repli. À ses yeux, les opérations ponctuelles ne régleront pas un problème étroitement lié à l’importance de l’économie informelle.
Sur la mendicité, le ministre a livré un chiffre : plus de 7 000 contrôles effectués par la police depuis janvier 2026. Il a indiqué que certaines personnes étrangères avaient été reconduites après des décisions judiciaires, tout en insistant sur la lutte contre les réseaux organisés de traite et sur la nécessité de ne pas stigmatiser les ressortissants des pays voisins. Il a aussi mis en garde contre les discours xénophobes, rappelant les principes de libre circulation au sein de l’espace CEDEAO et l’obligation, pour chacun, de respecter la loi sénégalaise.
La même approche a été défendue sur la sécurité routière. Face aux motos-taxis, aux infractions au Code de la route et aux véhicules vétustes, le ministre préconise l’application des règles — permis, casque, visite technique — accompagnée d’une concertation avec les transporteurs et d’un renforcement des transports publics. « La répression, la sanction, c’est bien, c’est efficace, mais ça ne suffira pas », a-t-il résumé.
Élections locales : les services se disent prêts
Enfin, interrogé sur le renouvellement des conseils municipaux et départementaux, le ministre a assuré que le fichier électoral était sous contrôle et que la Direction générale des élections était prête. « Sur ce qui dépend de nous, on est à jour », a-t-il déclaré. Il a rappelé que la date du scrutin devait être fixée par décret présidentiel et évoqué des élections locales vraisemblablement organisées d’ici la fin de 2027, sauf décision contraire de l’Assemblée nationale. Aucune date précise n’a été annoncée.
