Julie Kozack, directrice du département de la communication du FMI, lors d’un point de presse.

Alors que le gouvernement et l’Assemblée nationale discutent de la loi de finances rectificative pour 2026, le FMI a rappelé, lors de son point de presse de ce jeudi 29 octobre, que le budget doit préserver les objectifs négociés avec ses services. Tout en saluant les efforts de transparence accomplis par Dakar, le Fonds attend encore le lancement d’un audit par un cabinet international privé et l’élimination des lettres de confort pour prévenir de nouvelles dettes cachées.

Les arbitrages budgétaires à Dakar sont suivis de près à Washington. Interrogée jeudi 29 octobre sur les discussions à l’Assemblée nationale, Julie Kozack, directrice du département de la communication du Fonds monétaire international, a rappelé l’importance d’un budget conforme aux engagements pris par le Sénégal.

« Il n’est pas inhabituel que des discussions budgétaires de cette nature impliquent un dialogue et un débat nationaux vigoureux », a-t-elle déclaré. Pour la suite du programme, elle a insisté sur « un budget aligné sur les paramètres convenus dans le cadre de l’accord au niveau des services ».

Les engagements dans le texte final

Julie Kozack a précisé les trois objectifs à préserver : « rétablir la viabilité budgétaire, protéger les ménages vulnérables et préserver les dépenses publiques prioritaires ». Elle les a présentés comme les objectifs du Sénégal lui-même.

« Un budget qui maintient ces objectifs intacts sera essentiel pour avancer avec le programme du FMI », a-t-elle souligné.

L’enjeu porte ainsi sur le contenu du texte qui sortira de l’Assemblée. Les arbitrages entre le gouvernement et les députés doivent préserver les orientations budgétaires et sociales sur lesquelles repose l’accord avec les services du Fonds.

Ce rappel public maintient une pression sur Dakar pour traduire ses engagements dans la loi de finances rectificative, au moment où le texte fait l’objet de discussions entre l’exécutif et le Parlement.

Audit international et lettres de confort : les mesures encore attendues

Au-delà du budget, le FMI attend aussi des avancées sur les mécanismes qui ont permis l’accumulation de dettes cachées. Julie Kozack a salué les audits réalisés, la publication de statistiques révisées et les réformes engagées pour unifier la gestion de la dette. Elle a ensuite nommé les actions qui restent importantes pour la suite.

La première est « le lancement d’un audit par un cabinet international privé ». La seconde concerne le renforcement des contrôles budgétaires, avec notamment « l’élimination des lettres de confort ».

Ces mesures restent importantes « pour s’attaquer de manière décisive aux causes sous-jacentes de la dette cachée », a-t-elle expliqué. Leur mise en œuvre figure ainsi parmi les attentes exprimées par le Fonds, aux côtés du respect des engagements budgétaires.

Les échanges avec les créanciers

Les échanges avec les créanciers constituent un autre volet du dossier. La porte-parole a rappelé que les autorités avaient décidé de solliciter un traitement de la dette extérieure dans le Cadre commun du G20. Une première réunion s’est tenue le 6 octobre sous les bons offices du FMI, pour faciliter le partage d’informations entre le Sénégal et ses créanciers.

Conclu le 1er septembre, l’accord au niveau des services prévoit une enveloppe d’environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Son approbation relève du Conseil d’administration, qui dispose de son propre agenda. Celui-ci a notamment examiné en septembre les règles de conditionnalité du Fonds, sa surveillance économique et les programmes du Liberia et de Madagascar. Au point de presse du 29 octobre, le calendrier d’examen du programme sénégalais restait à préciser.

Par Ahmadou Kane

Ahmadou Kane est journaliste et fondateur de Dëkbi. Basé dans la région de New York, il couvre les institutions américaines, les Nations unies, la diplomatie, l’économie africaine et les diasporas, avec une attention particulière aux relations entre le Sénégal, l’Afrique et les États-Unis.

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