Abdoulaye Seydou Sow dans l’antichambre de Kiiraay du Président Diomaye
Le spectacle de la transhumance politique sénégalaise vient de connaître un nouvel épisode avec le lancement du mouvement d’Abdoulaye Sow, ancien ministre et figure du régime de Macky Sall.
Après avoir exercé d’importantes responsabilités sous l’ancienne majorité, celui qui fut notamment ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Hygiène publique opère désormais un rapprochement assumé avec le pouvoir en place.
La cérémonie de lancement a été marquée par la présence d’Aminata « Mimi » Touré, Haute Représentante du président de la République et coordinatrice de la nouvelle formation présidentielle Kiiraay.
Un choix qui n’est pas sans portée symbolique : l’ancienne Première ministre de Macky Sall a elle-même connu plusieurs repositionnements politiques au gré des recompositions de la vie publique sénégalaise.
Cette nouvelle alliance alimente ainsi le débat récurrent sur la transhumance, cettepratique consistant, pour certains responsables politiques, à se rapprocher du pouvoir nouvellement installé après avoir servi ou soutenu la majorité précédente.
D’un camp à l’autre, un système de vases communicants
Le parcours d’Abdoulaye Sow invite précisément à s’interroger sur la permanence de cette pratique dans la vie politique sénégalaise. Hier membre éminent de la majorité présidentielle de Macky Sall, il entend désormais inscrire son action dans la nouvelle majorité.
Pour ses détracteurs, cette évolution traduit moins une conversion idéologique qu’une adaptation aux nouveaux rapports de force. Une lecture qui reste, à ce stade, une appréciation politique et non un fait juridiquement établi.
La question de la représentativité réelle des responsables qui rejoignent le pouvoir se pose également. L’histoire électorale récente a montré que le ralliement d’une personnalité politique ne se traduit pas nécessairement par le transfert d’un électorat significatif. L’expérience de la dernière présidentielle a notamment rappelé que les appareils et les personnalités issus de l’ancien pouvoir ne disposaient pas automatiquement d’un ancrage populaire à la hauteur de leur visibilité institutionnelle.




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