Julie Kozack, directrice du département de la communication du FMI, lors d’un point de presse.

Alors que le gouvernement et l’Assemblée nationale discutent de la loi de finances rectificative pour 2026, le FMI a rappelé, lors de son point de presse de ce jeudi 29 octobre, que le budget doit préserver les objectifs négociés avec ses services. Tout en saluant les efforts de transparence accomplis par Dakar, le Fonds attend encore le lancement d’un audit par un cabinet international privé et l’élimination des lettres de confort pour prévenir de nouvelles dettes cachées.

Le Sénégal attend toujours l’approbation de son programme par le Conseil d’administration du FMI. Plusieurs chantiers restent à mener, et le Fonds en a rappelé les enjeux ce jeudi. Déjà, l’institution de Bretton Woods suit de très près le bras de fer entre le gouvernement et le Parlement. Interrogée sur les discussions à l’Assemblée nationale, Julie Kozack, directrice du département de la communication du Fonds monétaire international, a rappelé l’importance d’un budget conforme aux engagements pris par le Sénégal.

« Il n’est pas inhabituel que des discussions budgétaires de cette nature impliquent un dialogue et un débat nationaux vigoureux », a-t-elle déclaré. Pour la suite du programme, elle a insisté sur « un budget aligné sur les paramètres convenus dans le cadre de l’accord au niveau des services ». Tout en reconnaissant la place du débat national, le FMI rappelle ainsi ses attentes pour avancer vers la validation du programme de 2,2 milliards de dollars négocié au niveau des services il y a près de deux mois.

Le FMI exige le respect des engagements dans le texte final

Julie Kozack est revenue sur les engagements négociés le 1er septembre dernier avec l’équipe dirigée par Mercedes Vera Martin. Elle rappelle d’ailleurs trois objectifs à préserver : « rétablir la viabilité budgétaire, protéger les ménages vulnérables et préserver les dépenses publiques prioritaires ». Ces points, elle les a présentés comme les objectifs du Sénégal lui-même.

« Un budget qui maintient ces objectifs intacts sera essentiel pour avancer avec le programme du FMI », a-t-elle souligné.

C’est dire que l’institution attend que les arbitrages entre le gouvernement et les députés préservent, dans tous les cas, les orientations budgétaires et sociales sur lesquelles repose l’accord avec les services du Fonds.

Ce rappel public maintient une pression sur Dakar pour traduire ses engagements dans la loi de finances rectificative, au moment où le texte, renvoyé en commission, fait encore l’objet de discussions.

Audit et lettres de confort : ce que le FMI attend encore

Au-delà du budget, le FMI attend aussi des avancées sur les mécanismes qui ont permis l’accumulation de dettes cachées. Julie Kozack a salué les audits réalisés, la publication de statistiques révisées et les réformes engagées pour unifier la gestion de la dette. Elle a ensuite nommé les actions qui restent importantes pour la suite.

La première est « le lancement d’un audit par un cabinet international privé ». La seconde concerne le renforcement des contrôles budgétaires, avec notamment « l’élimination des lettres de confort ».

Ces mesures restent importantes « pour s’attaquer de manière décisive aux causes sous-jacentes de la dette cachée », a-t-elle expliqué. Leur mise en œuvre figure ainsi parmi les attentes exprimées par le Fonds, aux côtés du respect des engagements budgétaires.

Le Conseil a aussi son agenda

L’accord au niveau des services constitue une étape. L’approbation relève ensuite du Conseil d’administration, qui dispose de son propre agenda. Depuis l’accord du 1er septembre à Dakar, le Conseil a notamment examiné les règles de conditionnalité du Fonds, sa surveillance économique et les programmes du Liberia et de Madagascar. Quatre décisions recensées en septembre, alors que le calendrier d’examen du programme sénégalais reste à préciser.

Par Ahmadou Kane

Ahmadou Kane est journaliste et fondateur de Dëkbi. Basé dans la région de New York, il couvre les institutions américaines, les Nations unies, la diplomatie, l’économie africaine et les diasporas, avec une attention particulière aux relations entre le Sénégal, l’Afrique et les États-Unis.

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