Washington précise ses critères pour le prochain secrétaire général de l’ONU
Les États-Unis ont clarifié les grandes lignes de leur position dans la course à la succession du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, à travers une déclaration attribuée à un porte-parole du Département d’État. Sans apporter de soutien explicite à un candidat, Washington met en avant un ensemble d’exigences centrées sur la réforme, l’efficacité et le recentrage stratégique de l’institution.
Dans cette course à la succession d’Antonio Guterres à l’Onu, Dëkbi a entrepris des démarches auprès des autorités américaines afin d’obtenir des précisions sur la position de Washington concernant la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall. Dans une correspondance adressée au Département d’État, la rédaction a interrogé l’administration américaine sur l’existence d’une ligne officielle, alors que plusieurs informations de presse font état de contacts entre le candidat et des responsables américains, sans qu’aucune opposition formelle n’ait été exprimée à ce stade.
La demande portait également sur les critères qui guident l’évaluation des candidatures à ce poste stratégique, au moment où les consultations diplomatiques commencent à s’intensifier en coulisses. En réponse, le Département d’État n’a formulé aucun commentaire spécifique sur Macky Sall ni sur un autre prétendant, préférant détailler l’approche générale des États-Unis.
Selon cette déclaration, Washington recherche « un candidat pragmatique, déterminé et axé sur les réformes », capable de « préserver les contributions essentielles des États membres », tout en restaurant une gestion jugée plus rigoureuse et en rationalisant le fonctionnement de l’organisation. L’administration américaine insiste également sur la nécessité de « rétablir une gestion compétente » et de « simplifier significativement » les structures de l’ONU.
Au-delà des questions de gouvernance interne, les États-Unis mettent en avant un impératif de recentrage sur la mission première de l’organisation, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le texte critique implicitement une évolution de l’ONU vers des priorités jugées secondaires, évoquant une dérive vers des agendas « politisés » qui auraient, selon cette lecture, affaibli son efficacité globale.
Le ton employé, inhabituellement direct pour une communication diplomatique, reflète une volonté de marquer une rupture avec certaines orientations perçues comme trop idéologiques. Cette rhétorique s’inscrit dans un débat plus large aux États-Unis sur le rôle et les priorités des institutions multilatérales.
Washington précise par ailleurs qu’il procédera à une « évaluation active » des différents profils en lice afin d’identifier « l’individu présentant les qualifications les plus exceptionnelles ». Le Département d’État souligne également qu’aucun candidat ne sera jugé sur la base de « caractéristiques immuables », une formulation qui semble répondre aux discussions récurrentes autour des équilibres régionaux, de la représentation ou encore de la question du genre dans le choix du futur secrétaire général.
cette position traduit une stratégie prudente : les États-Unis évitent, à ce stade, de s’engager derrière un nom, tout en envoyant des signaux clairs sur les attentes auxquelles devront répondre les candidats. Pour des profils comme celui de Macky Sall, cette absence de prise de position ne constitue ni un soutien explicite ni un désaveu, mais confirme que le processus d’évaluation reste ouvert.
Cette clarification intervient alors que la compétition pour la succession à la tête de l’ONU se structure progressivement, dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des crises sécuritaires multiples et des attentes croissantes en matière d’efficacité du système multilatéral. Les prochains mois devraient voir s’intensifier les consultations entre États membres, en particulier au sein des grandes puissances dont l’influence demeure déterminante dans l’issue du processus.



