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Oulimata Ndiaye, directrice d’UMOA-Titres, prenant la parole lors d’une conférence.

En l’absence prolongée d’un nouveau programme financier en vigueur avec le Fonds monétaire international (FMI), le Sénégal a intensifié son recours au marché régional des titres publics. Pourtant, alors que les conditions de financement s’y améliorent, Dakar continue d’emprunter plus cher que la Côte d’Ivoire.

Entre janvier et juillet 2026, le Trésor sénégalais a mobilisé près de 1 700 milliards de FCFA sur ce marché, à travers 61 opérations, selon les données d’UMOA-Titres rapportées par la RTS. Dans un entretien publié le 12 octobre par Financial Afrik, Oulimata Ndiaye, directrice d’UMOA-Titres, fait état d’une baisse générale des rendements d’environ 1,5 à 2 points de pourcentage en 2026, selon les maturités. L’encours des titres publics de l’Union pourrait atteindre 24 800 milliards de FCFA à la fin de l’année, contre 21 629 milliards fin 2025.

Cette amélioration ne profite cependant pas de la même manière à tous les États. Lors de l’adjudication du 9 octobre, le Sénégal a emprunté à un rendement moyen de 8,16 % sur trois ans et de 7,82 % sur cinq ans. Trois jours plus tôt, la Côte d’Ivoire avait obtenu respectivement 6,40 % et 7,06 % sur ces mêmes échéances, selon UMOA-Titres. Abidjan a également placé une obligation à vingt ans, une première sur le marché régional, une opération qualifiée par Oulimata Ndiaye d’« un message très fort ».

Pourquoi un tel écart ? Les investisseurs tiennent compte de la capacité de remboursement de chaque pays. Au Sénégal, la révélation d’une dette publique auparavant sous-déclarée, le niveau élevé de l’endettement et les incertitudes entourant le traitement de la dette nourrissent une prime de risque. Un accord au niveau des services a bien été annoncé avec le FMI le 1er septembre pour un programme d’environ 2,2 milliards de dollars, mais son entrée en vigueur reste conditionnée à l’approbation du conseil d’administration et à des assurances de financement. Oulimata Ndiaye souligne l’importance, pour les émetteurs, de fournir aux investisseurs des informations « justes, fiables et à jour ». Pour Dakar, l’enjeu est de restaurer la confiance afin de réduire ses coûts d’emprunt sans perdre l’accès au financement régional. Car des taux élevés signifient aussi davantage d’intérêts à payer et moins de marges de manœuvre budgétaires.

Sources : RTS, 13 août 2026 ; UMOA-Titres, adjudication sénégalaise du 9 octobre et adjudication ivoirienne du 6 octobre ; Financial Afrik, 12 octobre 2026 ; FMI, communiqué du 1er septembre 2026.

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