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« Les engagements ont été dévoyés » : Sonko charge le pouvoir

Près de trois semaines après son départ de la Primature, Ousmane Sonko a livré sa première grande interview à RFI et France 24. Un entretien marqué par un ton plus apaisé, mais aussi par plusieurs avertissements adressés à l’exécutif dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye.

Interrogé sur les tensions qui ont conduit à son limogeage, le président de l’Assemblée nationale a rejeté l’idée d’une « querelle » susceptible de déchirer le Sénégal. « Le Sénégal est plus grand que les divergences politiques que nous pouvons avoir », a-t-il affirmé, cherchant à rassurer une opinion publique préoccupée par les divisions apparues au sommet de l’État.

Si le ton se veut conciliant, le fond reste critique. Sans reprendre explicitement le terme de « trahison » qu’il avait utilisé auparavant, Ousmane Sonko estime que plusieurs engagements pris devant les Sénégalais durant les années d’opposition ont été « dévoyés » et qu’il n’existe pas de réelle volonté de les mettre en œuvre.

Le leader du Pastef a également rappelé le poids institutionnel dont il dispose désormais à la tête de l’Assemblée nationale. Tout en affirmant ne pas vouloir entraver l’action du gouvernement, il a clairement indiqué qu’aucun « chèque en blanc » ne sera accordé à l’exécutif. « Si des cas nécessitent une censure, nous n’hésiterons pas à utiliser cette prérogative constitutionnelle », a-t-il averti.

Sur la question sensible de la dette, Sonko maintient sa ligne de prudence. Opposé jusqu’ici à une restructuration, il affirme ne pas être dans une position figée mais prévient qu’il s’opposera à toute solution qui sacrifierait les objectifs de transformation économique du pays. Il a également relancé le débat sur la « dette odieuse », estimant qu’une partie des engagements financiers contractés sous le précédent régime pourrait relever de cette qualification et faire l’objet d’une demande d’annulation.

Concernant les élections locales prévues en janvier 2027, le président de l’Assemblée nationale s’est montré catégorique : il n’existe selon lui aucune raison valable de reporter le scrutin. Un message qui sonne comme une mise en garde face aux spéculations sur un éventuel report.

Interrogé sur une possible exclusion du président Bassirou Diomaye Faye du Pastef, Ousmane Sonko a renvoyé la question aux instances du parti, rappelant que cette décision ne relève pas d’un homme mais des organes compétents de la formation politique.

Sur les sujets de société, notamment l’homosexualité, il a assumé sans ambiguïté le durcissement de la législation et exclu toute remise en cause de la loi, malgré les critiques formulées par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains.

Enfin, sur l’élection présidentielle de 2029, Sonko a refusé de se déclarer candidat, tout en laissant la porte ouverte à toutes les hypothèses. Une prudence qui contraste avec la stature de plus en plus présidentielle qu’il a affichée tout au long de cet entretien.