Des lumières qui embrasent le stade, des voix qui traversent les générations et des tableaux d’une rare intensité. Samedi 31 octobre, pour l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, le Sénégal a offert au monde une fresque artistique où son histoire et celle du continent ont pris vie.
Le stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio s’est métamorphosé en scène géante. Sous les projecteurs, les danseurs ont dessiné des figures, les percussions ont imposé leur cadence et les costumes éclatants ont transformé la pelouse en une mosaïque de couleurs. Devant des milliers de spectateurs et des délégations venues du monde entier, la fête a pris des allures de voyage dans le temps.
De la mémoire des royaumes au rythme des rues
Le récit, L’Envol de Sitoé, s’articulait autour d’Alkebulan, Keb et Sitoé : le passé, le présent et l’avenir. La voix majestueuse de Kiné Lam a fait revivre la mémoire du Cayor. Plus loin, le spectacle a retrouvé les marchés, les rues populaires et la vitalité de Dakar, avant de laisser place à une jeunesse inventive, portée par la danse et le hip-hop. Un tableau réunissant des centaines de danseurs a même dessiné une carte de l’Afrique sur la scène.

Baaba Maal a porté la voix du continent. Souleymane Faye et DIP Doundou Guiss ont réuni deux générations dans un même élan. Daara J Family, Kya Loum, Defmaa Maadef et VJ ont enrichi cette affiche où figuraient aussi la virtuose gambienne Sona Jobarteh et le slameur nigérian IB Quake. Les percussions des Rosettes ont rappelé la puissance du patrimoine musical sénégalais.
Les arènes avaient également leurs ambassadeurs. Sa Thiès, Modou Lô, Franc et Eumeu Sène ont exécuté les gestes et les bàkk de la lutte traditionnelle. Autre instant marquant : une création picturale de Boubou Design, dévoilée avec Khaby Lame, mêlant art et culture numérique.
Des invités prestigieux et une flamme chargée d’émotion
Dans les tribunes, le président Bassirou Diomaye Faye et la présidente du Comité international olympique Kirsty Coventry côtoyaient notamment le président rwandais Paul Kagame, le prince Albert II de Monaco, l’ancien président du CIO Thomas Bach et la ministre française des Sports Marina Ferrari. Le président du comité d’organisation, Mamadou Diagna Ndiaye, était également présent.
Après les chants, les défilés et les hommages, la flamme a offert l’un des instants les plus émouvants de la soirée. La triple sauteuse Saly Sarr et Amadou Dia Ba, unique médaillé olympique du Sénégal, ont participé à sa transmission vers la nouvelle génération. La vasque s’est illuminée, comme un point d’orgue à la fête.
Derrière cette mise en scène, des centaines d’artistes, de danseurs, de techniciens et d’artisans, près de 1 500 costumes réalisés localement et une équipe créative menée notamment par Khady Niang, Xalil Cissé, Adama Diop et Marianne Niox.
La veille, Dëkbi annonçait déjà la portée historique de cette ouverture. Samedi soir, les promesses ont pris corps dans le chant, la danse et la lumière. Avant même les premières grandes performances sportives, le Sénégal avait remporté une première victoire : celle du spectacle.
