Archive — Sommet de l’Avenir, septembre 2024. Bassirou Diomaye Faye est intervenu le 23 septembre 2024 à New York. Cette transcription reprend son plaidoyer pour une réforme de la gouvernance mondiale, un meilleur accès au financement et un investissement accru dans la jeunesse. L’intervention figure dans le compte rendu en français des Nations unies.
Monsieur le président,
chers collègues Mesdames et Messieurs,
je remercie le secrétaire général pour l’initiative d’organiser ce sommet et je salue ses efforts pour un monde de paix stable où règne un développement inclusif. L’avenir que nous voulons commande de ne laisser personne de côté face aux défis que sont la paix et la sécurité, la réduction des inégalités, l’éradication de la pauvreté, la justice et l’équité. Nous ne pouvons réaliser cet avenir que dans la recherche de solutions communes dont le fondement se trouve dans un cadre multilatéral. Un cadre qui inspire confiance et adhésion et sert les intérêts de tous autrement il continuera à susciter la méfiance des uns et la défiance des autres et de perdre ainsi la crédibilité et la légitimité attachée à son autorité à ce propos j’aimerais partager avec vous 4 observations.
Premièrement il est clair que notre futur ne peut se construire sur le modèle actuel dominé par l’injustice, l’extrême pauvreté qui touche 10% de la population mondiale, les tensions géopolitiques de haute intensité et le réchauffement sans précédent de la planète qui affecte gravement nos pays. Le constat est alarmant et comme le souligne le rapport du Secrétaire général de l’ONU si les tendances actuelles se maintiennent 575 millions de personnes vivront encore dans l’extrême pauvreté d’ici 2030 ce qui va aggraver davantage tout espoir de développement durable et face à cette situation il est impératif de s’attaquer au cycle infernal de la dette dont les taux anormalement élevés asphyxient de nombreux pays du Sud. Ce système d’iniquité que souligne le récent rapport du CNUCED constitue une entrave croissante à la prospérité mondiale en particulier dans les pays en développement dont les taux d’emprunt sont 2 à 12 fois supérieurs à ceux appliqués aux pays développés pour une meilleure soutenabilité de la dette il faut réformer les conditions d’accès au crédit surtout les crédits export en assouplissant les règles sur les taux d’emprunt et la durée de délai de grâce et de période de remboursement
Deuxièmement : la nécessité de réformer la gouvernance politique économique et financière mondiale pour refléter les réalités d’aujourd’hui même si des progrès ont été accomplis récemment notamment avec la décision du G20 d’attribuer un siège permanent à l’Afrique et celle des États membres du FMI d’accorder un 3e siège à l’Afrique dans son conseil d’administration il reste beaucoup à faire pour garantir une pleine inclusion des pays en développement dans ces instances
Troisièmement : il est impératif de renforcer les actions en faveur de l’éducation de la formation professionnelle et technique pour lutter contre l’ignorance et l’endoctrinement et doter les jeunes de métiers et de moyens d’épanouissement un tel investissement contribuera à lutter contre les inégalités et à la réalisation des objectifs de développement durable il est donc plus qu’urgent d’accélérer la mise en œuvre du plan de relance des ODD initié par le secrétaire général.
quatrièmement: il était essentiel d’investir davantage dans la connectivité et la digitalisation par le renforcement des infrastructures numériques l’innovation et le soutien à l’industrie créative des jeunes sur qui repose l’avenir nous devons offrir aux jeunes les moyens de se former de réussir et de s’épanouir ils doivent être au cœur de nos actions et associés dans la gestion et les prises de décisions en tant que vecteur de paix et acteurs de développement. Je vous remercie de votre aimable attention.
Note de correction : la fin de la transcription, précédemment tronquée, a été rétablie à partir de la seconde version conservée par Dëkbi. Des coquilles ont été corrigées. La publication en double a été regroupée sur cette adresse.
Pour replacer cette intervention dans son contexte, lire notre décryptage du Pacte pour l’avenir et de sa portée pour le Sénégal.
