L’ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération Abdourahmane Sarr estime que le Sénégal n’avait besoin que d’un « simple reprofilage » de sa dette, que les institutions de l’UEMOA auraient pu prendre en charge, et juge le pays « un mauvais test » pour le Cadre commun du G20. Il réagit aux propos de la directrice générale du FMI.

Ancien cadre du Fonds monétaire international et ministre de l’Économie de 2024 à juin 2026, Abdourahmane Sarr conteste la lecture de l’institution sur la dette sénégalaise. Dans une tribune publiée par PressAfrik, il répond à Kristalina Georgieva, qui avait présenté le Sénégal, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale en Thaïlande, comme un premier cas test pour la stratégie de traitement de la dette souveraine dans le cadre du G20.

S’il reconnaît que le pays a besoin d’un programme avec le FMI pour tourner la page de la dette cachée, l’économiste insiste pour que « c’est sa véritable situation économique et financière qui est décrite ». « Malheureusement, le Sénégal est un mauvais test pour le cadre commun renforcé du G20, car il n’a besoin que d’un simple reprofilage, et encore, pour réduire ses tensions de trésorerie. Le FMI aurait pu s’en occuper seul, tellement les montants sont dérisoires », écrit-il, ironisant sur le choix d’« un cas facile » pour un exercice qu’il juge « cosmétique ».

Abdourahmane Sarr estime que la solution aurait dû être régionale. Selon lui, les institutions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) comme intermédiaire, auraient pu régler le problème avec l’appui du FMI, « sans dramatiser le cas du Sénégal et en faire le cobaye ». Les échéances extérieures de court terme du pays ne représentent à ses yeux qu’« une goutte d’eau » pour une union aux fondamentaux macroéconomiques et financiers solides. « Le véritable cas test devait être l’utilisation de nos instruments régionaux pour démontrer leur capacité à gérer une crise de liquidité isolée », plaide-t-il.

Cette prise de position intervient alors que le Sénégal a conclu le 1er septembre, au terme de longs mois de négociations avec le FMI, un accord au niveau des services pour un programme de 2,2 milliards de dollars, et lancé le même jour un Plan de traitement de la dette que le gouvernement refuse de qualifier de restructuration. « L’histoire prouvera que le reprofilage de la dette du Sénégal était évitable et réalisable par le marché sans restructuration », conclut l’ancien ministre.

Par Kayfoor

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