Mondial 2026 : la FIFA replonge dans une zone de turbulences aux USA
A quelques jours de la Coupe du monde 2026, la FIFA se retrouve de nouveau confrontée à une enquête américaine susceptible d’écorner son image. Les procureurs généraux des États de New York et du New Jersey ont officiellement adressé des assignations à l’organisation afin d’obtenir des explications sur plusieurs pratiques liées à la vente des billets du Mondial.
Au cœur des interrogations : des accusations de pratiques commerciales supposées trompeuses, de manque de transparence sur les catégories de sièges et de flambée artificielle des prix. Plusieurs supporters affirment notamment avoir payé des billets premium sans recevoir les emplacements promis, tandis que d’autres dénoncent un système de vente jugé opaque et inaccessible.
Le 13 mai dernier, la Fifa a reçu pour la première fois une correspondance de la justice américaine dans le cadre de ce dossier. En effet, le procureur général de Californie, Rob Bonta leur a adressé officiellement une demande d’explications concernant des pratiques potentiellement trompeuses, des changements dans les catégories de sièges. et sur la transparence des ventes de billets. Deux semaines plus tard, les procureurs généraux de New York et du New Jersey, ont officiellement ouvert une enquête conjointe le 27 mai et adressé des assignations à la FIFA afin d’obtenir des documents internes sur la fixation des prix, l’attribution des sièges et les mécanismes de vente. Les autorités soupçonnent notamment des pratiques potentiellement trompeuses, des modifications de catégories de billets après achat, ainsi qu’une “fausse rareté” destinée à faire grimper artificiellement les prix grâce au dynamic pricing. L’enquête cible particulièrement les matchs au MetLife Stadium, théâtre de la finale du Mondial 2026, où certaines places ont atteint plusieurs dizaines de milliers de dollars.
Même si cette affaire ne relève pas du même registre que le FIFA Gate des années 2010 — marqué par des accusations de corruption et des enquêtes du Département de la Justice américain — le parallèle symbolique est inévitable. Pour une partie de l’opinion publique, cette nouvelle controverse ravive l’image d’une FIFA régulièrement accusée d’opacité et de gouvernance contestée.
Le timing est particulièrement sensible pour l’instance mondiale du football. La Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, doit être la plus grande et la plus lucrative de l’histoire de la FIFA. L’organisation espérait faire de ce tournoi une vitrine de sa transformation après les scandales qui avaient profondément secoué son image il y a une décennie.
Mais cette enquête risque désormais de fragiliser ce récit de “FIFA réformée”. Même en l’absence de poursuites pénales, l’impact réputationnel pourrait être important. Aux États-Unis, les questions liées aux pratiques tarifaires et à la protection des consommateurs sont devenues particulièrement sensibles après plusieurs controverses impliquant l’industrie du spectacle et de l’événementiel.
À ce stade, aucune violation de la loi n’a été officiellement établie et la FIFA conserve la possibilité de coopérer avec les autorités, de modifier certaines procédures ou de parvenir à un accord. Toutefois, cette affaire montre que malgré les réformes engagées depuis le FIFA Gate, l’organisation peine encore à se débarrasser totalement de l’image d’une institution régulièrement rattrapée par les polémiques autour de sa gouvernance et de ses pratiques commerciales.



