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Ben Taleb Sow lâche le Président Diomaye Faye

Bentaleb Sow a pris la décision de démissionner de ses fonctions de conseiller spécial du Président, en raison de divergences sur les orientations politiques actuelles. Dans sa lettre de départ, il exprime ses préoccupations face à une politique qu’il juge trop axée sur des intérêts personnels, au détriment du bien-être du pays en crise.

Dans une lettre, le désormais ex-conseiller spécial du Président évoque plusieurs divergences. Bentaleb Sow n’est plus conseiller spécial du Chef de l’État. Il a démissionné de ses fonctions, évoquant les nouvelles orientations politiques prises par le Chef de l’État.

Dans sa lettre de démission, Bentaleb Sow expose les raisons qui l’ont conduit à quitter ses fonctions de conseiller spécial du Président de la République. Le désormais ex-conseiller affirme avoir remis sa démission au chef de l’État après « plus de deux ans » passés au service de la République, au sein de la Communication de la Présidence et du Protocole présidentiel.

S’il remercie le président Bassirou Diomaye Faye pour la confiance placée en lui, rappelant avoir été nommé comme son plus jeune conseiller spécial, il explique que son départ est motivé par des divergences de fond sur la nouvelle orientation politique empruntée par le pouvoir.

« Le projet a été notre seule boussole », écrit-il, assurant n’avoir jamais considéré sa nomination comme une récompense, mais comme « le prolongement d’un combat militant, anti-impérialiste et panafricain » engagé depuis 2016. Selon lui, sa mission consistait avant tout à servir la République en restant fidèle aux principes forgés au cours de ses années de militantisme.

Bentaleb Sow estime toutefois qu’une rupture s’est progressivement installée. « Dès lors que s’installe une nouvelle ligne politique qui n’est pas la mienne, que les méthodes que nous avons combattues reviennent une à une, il devient nécessaire de prendre ses responsabilités », écrit-il, laissant entendre que plusieurs lignes rouges ont été franchies. Il déplore notamment que, selon lui, les considérations politiques aient pris le pas sur le travail de redressement du pays, alors que le Sénégal continue de faire face aux conséquences de la crise de la dette.

L’ancien conseiller désigne surtout l’audience annoncée entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall comme l’élément déclencheur de sa décision. « La venue de Macky Sall au Palais est celle de trop », tranche-t-il. Dans sa lettre, il tient l’ancien chef de l’État pour responsable de la dette cachée et d’une grande partie des difficultés que traverse actuellement le Sénégal. « Cet homme nous doit des comptes. La dette cachée, c’est lui. Une grande partie des maux que le pays traverse aujourd’hui, c’est lui. Des Sénégalais sont morts, des familles attendent encore la vérité », affirme-t-il.

Bentaleb Sow considère que le simple fait de recevoir Macky Sall au Palais présidentiel contribue à restaurer son image. « Qu’il y ait une photo ou non, lui rouvrir les portes du Palais, c’est aider à repolir son image. À ça, je ne prêterai pas la main non plus », écrit-il.

Tout en réaffirmant son respect pour les prérogatives du chef de l’État, il souligne que celui-ci est libre de choisir « sa ligne, ses alliés et sa méthode ». En revanche, il estime ne plus pouvoir cautionner une orientation qu’il juge en contradiction avec le combat politique qu’il a mené. Il affirme également refuser d’être « ce conseiller qui critiquerait son Président sur les réseaux sociaux tout en conservant son titre et ses avantages ».

« Oui, je l’ai dit, ma conscience passe devant mes intérêts », insiste-t-il, expliquant avoir choisi de partir plutôt que de renoncer à ses convictions. Il affirme qu’au sein du Palais, lui et d’autres ont « tout fait pour que le projet ne soit jamais dévié, pour que le tandem ne soit jamais brisé, pour que l’espoir de notre peuple ne soit point torpillé », avant de conclure : « Mais à Allah seul appartient la destinée. »

Malgré sa démission, Bentaleb Sow assure qu’il demeure pleinement engagé pour le Sénégal et les aspirations profondes de son peuple. « La lutte continue et les peuples vaincront », conclut-il, en citant Ali Ibn Abi Talib : « Car si vous êtes unis, vous êtes invincibles. Et ce que Dieu a uni dans l’épreuve, rien, absolument rien ne doit le séparer. »

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