Le rejet de la loi de finances rectificative 2026, suivi d’une nouvelle confrontation sur le budget 2027, met au jour une mésentente plus ancienne entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, désormais à la tête de l’Assemblée nationale. Le désaccord budgétaire en est l’une des manifestations les plus visibles.
Les divergences se sont accumulées bien avant le vote du 3 novembre. Les deux responsables, arrivés ensemble au pouvoir en 2024, se sont opposés sur la conduite de l’État, les attentes en matière de justice et surtout l’encadrement des fonds spéciaux. Ce dernier dossier a pris une dimension décisive lorsque Sonko a lié publiquement le vote de la LFR 2026 et du budget 2027 à une réforme de ces crédits.
La rupture s’accompagne d’une nouvelle configuration politique. Pastef contrôle une large majorité parlementaire et conserve une organisation militante structurée. Diomaye Faye s’appuie, de son côté, sur les prérogatives de la présidence et sur KIIRAAY, formation politique récente. La répartition des moyens d’action, le contrôle des dépenses discrétionnaires et les rapports entre institutions sont désormais au cœur du débat. Rien ne permet toutefois d’affirmer que les fonds spéciaux financent KIIRAAY.
Les derniers échanges en témoignent : le ministère des Finances a dénoncé, le 4 novembre, des « manœuvres d’obstruction », tandis que le président de la Commission des finances lui a répondu le 5 novembre en invoquant la cohérence des prévisions budgétaires et le respect des prérogatives parlementaires.
Le budget reste une question majeure pour les obligations de l’État et la vie quotidienne des Sénégalais. Mais une issue durable pourrait nécessiter, au-delà de la correction des tableaux financiers, une clarification des désaccords sur les fonds spéciaux et des règles de coopération entre l’exécutif et sa majorité parlementaire.
