Scène de la journée électorale à Tel-Aviv, le 27 octobre 2026, lors des élections législatives israéliennes

Les élections législatives du 27 octobre en Israël n’ont pas dégagé de majorité claire. Le bloc du Premier ministre Benyamin Nétanyahou conserve une courte avance sur celui de son principal adversaire, Gadi Eisenkot, tandis que les partis arabes enregistrent une progression susceptible de peser sur la formation du prochain gouvernement.

Les Israéliens étaient appelés mardi à renouveler les 120 membres de la Knesset, leur Parlement. Premier scrutin législatif depuis l’attaque du 7 octobre 2023 et les guerres qui ont suivi, ce rendez-vous électoral s’est déroulé dans un pays profondément divisé sur les questions sécuritaires, la conscription des ultraorthodoxes et l’avenir politique du Premier ministre sortant.

Selon les résultats provisoires communiqués mercredi par la Commission électorale centrale, après le dépouillement de 85,6 % de l’ensemble des bulletins, le bloc soutenant Nétanyahou serait crédité de 53 sièges, contre 48 pour les partis d’opposition regroupés autour de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne. Les deux listes principalement soutenues par les électeurs arabes obtiendraient ensemble 19 sièges.

Ces chiffres restent susceptibles de changer, notamment avec le décompte des bulletins placés sous doubles enveloppes, dont ceux des militaires. Dans tous les cas, aucun des deux principaux blocs ne dispose, à ce stade, des 61 sièges nécessaires pour gouverner.

Une participation au plus haut depuis 1999

La participation a atteint 77,7 %, selon les données électorales. Une mobilisation particulièrement élevée, dans un contexte marqué par les conséquences de la guerre à Gaza, les opérations militaires régionales, les contestations de la politique gouvernementale et les appels au changement.

Le Likoud de Nétanyahou demeure la première formation politique. Son principal concurrent, Yashar, conduit par Eisenkot, s’affirme comme un acteur central de l’opposition. Mais l’un et l’autre doivent encore rechercher des partenaires.

L’évolution la plus notable concerne les formations arabes. Leur total provisoire de 19 sièges dépasserait les dix élus obtenus par Ra’am et Hadash-Ta’al aux élections de 2022. La Liste commune, qui regroupe notamment Hadash, Ta’al et Balad, se présente séparément de Ra’am, le parti dirigé par Mansour Abbas.

Des négociations décisives pour former le gouvernement

Cette poussée des partis arabes pourrait modifier le rapport de force parlementaire. Additionnés aux 48 sièges du bloc Eisenkot, leurs 19 élus offriraient théoriquement une majorité. Mais cette addition ne constitue pas un accord de coalition : plusieurs formations d’opposition ont jusqu’ici écarté ou conditionné une coopération gouvernementale avec les partis arabes.

En Israël, les électeurs ne désignent pas directement le chef du gouvernement. Après la publication des résultats définitifs, le président Isaac Herzog consultera les différents groupes parlementaires puis chargera le candidat jugé le plus à même de réunir une majorité de former un gouvernement.

Nétanyahou et Eisenkot ont tous deux exprimé leur intention de conduire les prochaines négociations. En attendant le décompte final, l’issue politique du scrutin reste donc ouverte : le parti arrivé en tête ne dispose pas, à lui seul, des moyens de gouverner.

Par Ahmadou Kane

Ahmadou Kane est journaliste et fondateur de Dëkbi. Basé dans la région de New York, il couvre les institutions américaines, les Nations unies, la diplomatie, l’économie africaine et les diasporas, avec une attention particulière aux relations entre le Sénégal, l’Afrique et les États-Unis.

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