Après deux ans et demi de silence, Idrissa Seck revient dans l’arène politique. L’ancien Premier ministre a choisi ce mardi 27 octobre de rompre sa réserve pour dresser un réquisitoire contre le régime de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko, tout en affichant sa volonté de s’engager aux côtés du Front pour la Défense de la République et de la Démocratie (FDR).
Le président de Rewmi estime avoir suffisamment laissé de temps aux nouvelles autorités pour faire leurs preuves. Deux ans et demi après l’alternance de mars 2024, il juge le Sénégal « méconnaissable », évoquant une économie dégradée, des institutions fragilisées et une cohésion nationale mise à mal.
Mais au-delà de ce tableau sombre, c’est surtout son repositionnement politique qui retient l’attention. Idrissa Seck appelle à un « sursaut national » et à la constitution d’un « cordon sanitaire contre le populisme trompeur ». Il considère que le moment est venu de « redonner la parole au peuple » pour mettre fin à ce qu’il qualifie d’« aventure populiste ».
« Nous entendons y prendre toute notre part, à côté de nos partenaires du Front pour la Défense de la République et de la Démocratie », a-t-il déclaré, affichant ainsi son rapprochement avec le FDR, sans toutefois préciser les modalités d’une adhésion formelle de Rewmi à cette coalition.
Ce retour marque la fin d’une longue période de discrétion pour l’ancien maire de Thiès, dont le poids électoral avait considérablement reculé lors de la présidentielle de 2024, avec moins de 1 % des suffrages.
Idrissa Seck entend désormais participer à la recomposition de l’opposition et mobiliser, au-delà des partis politiques, la société civile, les syndicats, le secteur privé et la diaspora.
Reste à savoir quelle place il occupera dans ce nouvel espace de mobilisation. Après avoir longtemps cultivé le silence, le président de Rewmi a désormais choisi son terrain de combat politique. Il lui reste à en préciser les contours et les ambitions.
