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Dette du Sénégal : Abdourahmane Sarr demande de démontrer la nécessité d’une restructuration

À la veille de la rencontre annoncée entre Bassirou Diomaye Faye et Kristalina Georgieva à Washington, le 15 septembre prochain l’ancien ministre de l’économie du Sénégal Abdourahmane Sarr appelle surtout à clarifier le diagnostic qui fonde le recours du Sénégal au Cadre commun du G20 : selon lui, il faut distinguer un problème de soutenabilité des finances publiques d’une dette nécessairement insoutenable, établir avec le cadre d’analyse approprié si le Sénégal fait face avant tout à une crise de liquidité ou à un problème de solvabilité, et démontrer pourquoi une restructuration ou un reprofilage serait préférable à la stratégie suivie jusque-là, fondée sur l’ajustement budgétaire, le financement du marché régional, la mobilisation de ressources concessionnelles et la gestion des arriérés intérieurs. Il estime également que le Sénégal ne devrait pas devenir un cas test du Cadre commun alors même que les méthodologies d’analyse de soutenabilité sont en réexamen au FMI, souligne que les négociations appartiennent d’abord au pays et à ses créanciers, le Fonds n’ayant qu’un rôle d’accompagnement, et met en garde contre les effets déjà visibles de l’annonce du traitement de la dette sur les marchés et les notations. Sa proposition centrale est donc moins de rejeter par principe toute opération sur la dette que d’exiger, avant tout engagement irréversible, une démonstration transparente du besoin réel de restructuration, du cadre utilisé pour l’établir, de l’ampleur du besoin de financement résiduel et des alternatives disponibles pour préserver à la fois l’accès du Sénégal au marché régional, sa souveraineté financière et la confiance de ses créanciers.