Onu: boycott des États-Unis, qui désertent la salle avant le discours de la France
La crise autour de la reconduction de Volker Türk à la tête du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a ouvert une nouvelle séquence de tensions entre les États-Unis et la France, deux alliés historiques et membres permanents du Conseil de sécurité. Ce lundi lors de la 10202e rencontre du conseil de sécurité des nations, la mission américaine a opté pour le boycott en quittant la salle lors de la prise de parole de la France.
La tension a monté entre la France et les États-Unis depuis le commentaire émis par la mission diplomatique française à Genève sur la position des américains lors du vote de renouvellement du mandat de Volker Türk vendredi dernier. En effet Washington s’est opposé à cette reconduction, contestant à la fois la procédure de reconduction et le bilan du Haut Commissaire. Les États-Unis lui reprochent notamment une approche jugée déséquilibrée des droits humains, trop critique envers certaines démocraties occidentales. La France, comme une majorité d’États membres, a soutenu sa reconduction.
La polémique s’est ensuite transformée en affrontement diplomatique ouvert. Après le vote, la mission française à Genève a critiqué la position américaine, estimant que Washington s’était isolé en votant contre Türk aux côtés de pays comme la Russie ou la Corée du Nord. La tension a atteint un nouveau niveau lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’Ukraine ce lundi. La délégation américaine a quitté la salle avant l’intervention du représentant permanent de la France, Jérôme Bonnafont.
Les États-Unis expliquent avoir quitté la salle lors de l’intervention de la France pour protester contre sa posture jugée hypocrite et condescendante. Tout en rappelant leur soutien historique envers Paris et en réaffirmant leur rôle de leader mondial des libertés, la délégation américaine dit refusait désormais d’écouter les leçons de morale françaises tant que la France ne modifiera pas son attitude au Conseil de sécurité. “Nous avons soutenu cet État membre (la France) lors de chaque conflit où ses libertés ont été menacées. Et aujourd’hui, je lui rappelle que ce sont les États-Unis qui restent le phare de la liberté dans le monde” a déclaré Dan Negrea, Représentant des États-Unis auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) et représentant suppléant aux sessions de l’Assemblée générale
Au retour de la délégation américaine, l’ambassadeur Bonnafont a demandé la parole une seconde fois. Choisissant de ne pas répondre directement à Washington. Dans son intervention, il a plutôt insisté sur l’histoire commune entre les deux pays et sur les principes fondateurs de l’ONU. Sans entrer dans la confrontation directe, il réaffirme l’engagement de la France en faveur de la Charte de l’ONU, des droits de l’homme et du respect de la souveraineté ukrainienne, soulignant sa volonté de continuer à œuvrer de manière constructive pour le rétablissement de la paix.« Nous travaillons à préserver cette institution, son indépendance, sa capacité à agir au service de la Charte, des droits humains et de la paix. » a-t-il déclaré



