Sénégal : Pastef se démarque de Diomaye et affiche son soutien à Sonko
Les tensions entre la Présidence et PASTEF apparaissent désormais au grand jour après le communiqué du COMEX du parti et plusieurs déclarations récentes de Ousmane Sonko et du président Bassirou Diomaye Faye.
Dans son communiqué, Pastef dénonce les consultations individuelles menées par les services de la Présidence auprès de certains de ses membres pour la formation du futur gouvernement. Le parti insiste sur le fait que toute discussion doit passer par ses structures officielles et précise que tout militant répondant individuellement « agira à titre personnel ».
Cette sortie est interprétée comme une volonté du parti de faire bloc derrière Sonko et de refuser toute marginalisation dans les décisions stratégiques du pouvoir. Sonko a affirmé lors de sa prise de fonction à la tête de l’assemblée nationale qu’« on ne peut pas faire du Pastef sans Pastef ».
La nomination de Ahmadou Alhaminou Lô, considéré comme un profil technocratique, semble avoir accentué les divergences internes. Une partie de Pastef y voit le signe d’une démarcation du président Diomaye Faye puisque que selon Ousmane Sonko, le parti n’a pas été associé dans cette nomination.
Pour plusieurs observateurs, la stratégie actuelle de Pastef consiste désormais à distinguer clairement le parti de la Présidence afin d’éviter une dilution de son identité politique dans l’exercice du pouvoir. Le mouvement cherche ainsi à préserver son socle militant, son discours de rupture et son contrôle sur les grandes orientations du projet politique ayant conduit à l’alternance de 2024.
Cette volonté de démarcation intervient également au moment où Sonko prend la tête de l’Assemblée nationale, une position institutionnelle majeure qui lui permet de conserver une influence politique importante sur le contrôle de l’action gouvernementale.
Dans son communiqué, le COMEX conditionne sa collaboration avec l’exécutif à plusieurs orientations jugées prioritaires notamment le respect du programme ayant conduit à la victoire de 2024 ; la gestion de la dette souveraine ou encore le refus de mesures entraînant une hausse du coût de la vie. A cela s’ajoutent d’autre conditions à savoir la poursuite des renégociations des contrats stratégiques ; la lutte contre la corruption ainsi que la clarification de la répartition des portefeuilles ministériels.
De son côté, Diomaye Faye avait récemment déclaré que personne ne peut le faire chanter. Dans ce contexte, le chef de l’État pourrait être amené à composer un gouvernement moins dominé par les élites historiques de Pastef si les désaccords persistent. Parallèlement, Sonko, désormais à la tête de l’Assemblée nationale, conserve un important levier politique pour influencer le contrôle de l’action gouvernementale.
Plusieurs ministres considérés comme proches de Sonko ont récemment affiché leur proximité avec lui en l’accompagnant à l’assemblée nationale lors de sa réintégration et sa prise de fonction comme président de l’assemblée nationale. Ce qui alimentant les spéculations sur d’éventuels départs ou repositionnements au sein du futur gouvernement.



