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Mali-Mauritanie : Pourquoi le ton monte entre les deux voisins ?

une vive tension diplomatique oppose le Mali et la Mauritanie. Au cœur du différend : des accusations croisées sur la sécurité frontalière et la gestion du camp de réfugiés de M’Berra. Décryptage d’une crise qui fragilise la stabilité du Sahel.

L’étincelle : L’affaire des militaires « exfiltrés »

Tout commence le 15 mars 2026. L’État-major général des Armées du Mali (FAMA) publie un communiqué affirmant que deux de ses soldats, capturés par des terroristes en 2025, ont été exfiltrés d’un camp de réfugiés situé en territoire mauritanien. Le communiqué malien : « Les Forces Armées Maliennes informent l’opinion nationale et internationale de la réussite d’une opération d’exfiltration de deux de nos vaillants soldats […] qui s’étaient échappés d’un camp de réfugiés en Mauritanie où ils étaient détenus par des groupes armés terroristes. »

Pour Bamako, cette annonce vise à démontrer l’efficacité de sa pression militaire, suggérant que les groupes armés n’ont plus de refuge sûr, même de l’autre côté de la frontière.

La riposte : L’indignation de Nouakchott

La réponse mauritanienne ne s’est pas fait attendre. Le 16 mars 2026, via l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), le gouvernement a exprimé sa « stupéfaction » face à ce qu’il considère comme une mise en cause de sa souveraineté. Le communiqué mauritanien : « La Mauritanie rejette catégoriquement ces allégations non étayées […] de telles affirmations sont non seulement infondées mais constituent une offense grave à l’endroit de notre pays qui accueille, sur une base purement humanitaire et sous supervision internationale, plus de 160 000 réfugiés maliens. »

Nouakchott rappelle que le camp de M’Berra est une zone civile sécurisée et accuse Bamako de vouloir détourner l’attention des difficultés sécuritaires internes. Malgré la dureté des mots, les deux pays semblent vouloir éviter l’escalade militaire. Le 17 mars, des échanges diplomatiques ont eu lieu à Bamako pour tenter d’apaiser la situation. La Mauritanie a même proposé une vérification conjointe des faits pour rétablir la « vérité factuelle ». 

La stabilité de la zone dépendra de la capacité des deux armées à mieux coordonner leurs mouvements le long d’une frontière poreuse où le risque d’incident reste permanent.