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USA:  Google & Meta condamnés pour la dangerosité de leurs algorithmes

Un jury californien a rendu un verdict sans précédent ce mercredi, condamnant Meta et Alphabet à verser 6 millions de dollars à une jeune femme de 20 ans. Ce jugement reconnaît, pour la première fois, que la conception même des réseaux sociaux peut être jugée comme un produit défectueux et dangereux pour la santé mentale des mineurs.

La plaignante, Kaley G.M., originaire de Chico en Californie, a décrit un engrenage commencé dès l’âge de 6 ans sur YouTube, puis à 9 ans sur Instagram. Son témoignage a mis en lumière une dépendance profonde ayant entraîné une dépression sévère, de l’anxiété et une dysmorphie corporelle. Selon les débats, l’utilisation compulsive des plateformes, stimulée par les notifications et le défilement infini, a conduit la jeune femme à l’isolement social et à des troubles psychologiques persistants. Sa mère, témoignant de l’impuissance des parents face à ces outils, a souligné la perte de contrôle progressive sur la vie de sa fille. « Nous avons vu notre enfant joyeuse s’évaporer sous nos yeux, remplacée par une étrangère obsédée par son écran et dévastée par ce qu’elle y voyait », a-t-elle déclaré durant les audiences, illustrant le combat des familles contre des algorithmes conçus pour l’engagement maximal.

La stratégie du « défaut de conception »

La portée de ce verdict réside dans la stratégie juridique employée. L’avocate de Kaley, Rachel Lanier, a axé sa plaidoirie sur la responsabilité industrielle des géants de la tech. « Ce n’est pas une question de liberté d’expression, c’est une question de sécurité des produits », a martelé l’avocate après le verdict. « Un fabricant de jouets ne peut pas vendre un objet qui blesse un enfant ; il n’y a aucune raison pour qu’un fabricant de logiciels soit autorisé à distribuer un algorithme qui détruit la santé mentale d’une génération. »

Le jury a validé cette analyse en jugeant que les fonctionnalités visant à maximiser le temps d’écran constituent des défauts de fabrication. Meta a été jugée responsable à hauteur de 70 % des dommages, contre 30 % pour Google.

Un précédent pour des milliers de dossiers

Ce procès, qualifié de « bellwether » (cas témoin), servira de référence pour plus de 2 500 plaintes similaires en attente aux États-Unis. Bien que le montant de 6 millions de dollars soit symbolique pour ces géants de la tech, il établit une base juridique solide. Désormais, la « négligence de conception » devient une arme légale pour les familles et les districts scolaires qui accusent la Silicon Valley de sacrifier la sécurité des jeunes au profit de l’engagement publicitaire.

De leur côté, Meta et Google ont annoncé leur intention de faire appel. Durant les trois semaines de procès, leurs avocats ont tenté de lier les troubles de la plaignante à des facteurs personnels, notamment le divorce de ses parents. Les entreprises soutiennent que la santé mentale est un enjeu multifactoriel et que leurs plateformes offrent des outils de contrôle parental suffisants pour limiter les risques