Ukraine et Mozambique explorent une coopération autour du gaz naturel liquéfié
L’Ukraine et le Mozambique ont entamé des discussions en vue d’une possible coopération dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL), dans un contexte où la guerre en Ukraine continue de peser sur les approvisionnements énergétiques de Kiev.
Lors d’une rencontre officielle avec le président mozambicain Daniel Chapo, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine souhaite diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz. Kiev n’importe plus de gaz russe depuis 2015 et cherche à réduire sa dépendance aux fournisseurs traditionnels, d’autant plus que les infrastructures énergétiques du pays ont été régulièrement ciblées depuis le début de l’invasion russe en 2022.
« Nous avons discuté de la possibilité d’approvisionnements en gaz naturel liquéfié en provenance du Mozambique », a déclaré Zelensky, ajoutant que les deux pays voyaient une « opportunité de soutien mutuel ». Cependant, il n’a pas annoncé la signature d’un contrat définitif ni précisé de volumes ou de calendrier de livraison.
Vers une coopération gaz & sécurité ?
Au Mozambique, le gouvernement affronte depuis plusieurs années une insurrection islamiste dans la province de Cabo Delgado, qui a perturbé le développement de gisements gaziers importants. Ce contexte sécuritaire a notamment retardé l’exploitation du projet de GNL porté par le groupe français TotalEnergies, relancé récemment après des années de suspension.
Selon Zelensky, Maputo serait intéressé par l’expertise ukrainienne en matière de sécurité, en particulier pour protéger les installations d’hydrocarbures contre des attaques armées. En échange, l’Ukraine espère recevoir des cargaisons de GNL mozambicain, ce qui pourrait renforcer ses capacités de stockage et d’approvisionnement, déjà complétées par des importations de GNL américain via des terminaux en Europe centrale et orientale.
Le Mozambique, un exportateur de plus en plus stratégique
Le Mozambique est considéré comme un futur exportateur majeur de gaz naturel liquéfié. Avec la mise en service progressive de ses installations gazières dans le nord du pays, le pays pourrait produire jusqu’à 13 millions de tonnes de GNL par an, une capacité qui le place parmi les acteurs significatifs du marché mondial.
L’intérêt de Kiev pour le GNL africain s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser des sources d’énergie longues distances, alors que les infrastructures européennes continuent d’absorber des volumes importants de gaz liquéfié pour compenser la réduction des flux en provenance de Russie.
À ce stade, les déclarations des deux chefs d’État indiquent une exploration de pistes de coopération, plutôt qu’un accord ferme. Aucun contrat d’achat ou de vente de GNL n’a été rendu public, et les modalités techniques, financières et logistiques de telles livraisons restent à définir.
Les discussions entre Kiev et Maputo devront désormais être suivies d’études de faisabilité et de négociations commerciales concrètes si les deux pays veulent transformer ces déclarations d’intention en contrats effectifs.



