Togo: Grande réussite pour la 1ere édition du Festival International Chant des Linguère
L’écho des tambours s’est tu sur l’esplanade de Cacavéli, mais les vibrations de la première édition togolaise du Festival International Chant des Linguère résonnent encore comme un manifeste pour l’unité du continent. Du 26 au 28 mars, Lomé n’a pas seulement accueilli des concerts ; la capitale togolaise est devenue l’épicentre d’une diplomatie culturelle africaine renouvelée, portée par la voix de Coumba Gawlo et une pléiade d’artistes venues des quatre coins de l’Afrique de l’Ouest et du Maghreb.
Sous le haut patronage du Président Faure Essozimna Gnassingbé, ce rendez-vous a transcendé le simple cadre du divertissement pour s’attaquer aux défis structurels de l’Afrique contemporaine. Le thème choisi pour le forum à l’Université de Lomé, liant paix, sécurité et leadership féminin, s’inscrit dans une urgence panafricaine. Dans un contexte régional marqué par des transitions complexes, l’initiative démontre que la culture n’est pas un luxe, mais un levier de transformation sociale et un outil de médiation indispensable.
La présence d’artistes telles que Noura Mint Seymali de Mauritanie, Hawa Boussim du Burkina Faso ou encore Anna Fambo du Bénin aux côtés des voix togolaises a offert une image puissante d’une Afrique sans frontières. Ce brassage de talents illustre la capacité du patrimoine immatériel à cimenter la cohésion sociale au-delà des barrières linguistiques et géographiques. En réunissant ces « Linguères » (figures de proue du courage et de la dignité )le festival a rappelé que les solutions aux crises du continent passent nécessairement par l’inclusion réelle des femmes dans les sphères de décision.
Les débats ont particulièrement mis en lumière l’autonomisation économique comme pilier de cette émancipation. En récompensant des femmes exemplaires par le Trophée de Linguère du développement, l’organisation a célébré des parcours qui inspirent une nouvelle génération d’entrepreneures africaines. Ces distinctions soulignent que le leadership féminin est le moteur d’une croissance endogène et durable, capable de répondre aux aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.
Au-delà des panels institutionnels, la communion populaire lors du concert de Cacavéli a prouvé que le message de paix porté par les artistes trouve un écho profond chez les citoyens. En s’alliant à des partenaires tels que l’UNFPA, l’UNICEF et l’UNESCO, le label Sabar et ses collaborateurs ont réussi à transformer une scène de spectacle en un forum de sensibilisation sur les enjeux de l’heure.
Cette escale togolaise marque une étape décisive pour le Chant des Linguère, confirmant sa vocation à devenir un itinéraire culturel panafricain. En démontrant que la musique peut servir de socle à la solidarité entre les peuples, Coumba Gawlo et le gouvernement togolais ont envoyé un signal fort : celui d’une Afrique qui se réapproprie son récit, célèbre ses héroïnes et mise sur son génie créatif pour bâtir un avenir de paix et de prospérité.



