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Sénégal : l’opposition réclame la mise à disposition des accords de prêt TRS

Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a accentué la pression sur le gouvernement en exigeant la publication complète des contrats liés à l’emprunt de 650 millions d’euros levé via un mécanisme financier complexe, le Total Return Swap (TRS). L’annonce a été faite ce lundi 30 mars lors d’une conférence de presse animée par Aïssata Tall Sall au siège de l’APR, où elle a insisté sur la nécessité de protéger les finances publiques et de garantir la transparence envers le Parlement et les citoyens.

L’ancienne ministre des Affaires étrangères a détaillé le fonctionnement du TRS, utilisé par le gouvernement pour lever 300 millions d’euros auprès de First Abu Dhabi Bank et 350 millions d’euros auprès de Africa Finance Corporation. Ce mécanisme permet à l’État de transférer à une banque le rendement d’une obligation en échange d’un paiement fixe. Mais le risque est asymétrique : si la valeur des obligations augmente, ce sont les banques qui profitent de la totalité des gains, tandis que si elle baisse, le Sénégal doit compenser la différence. Selon l’opposition, le pays aurait déjà perdu entre 30 et 40 % de la valeur escomptée, une décote qui souligne la fragilité de cette opération. Aïssata Tall Sall a cité les avertissements du milliardaire Warren Buffett touche aussi le droit des députés à l’information.

Abdou Mbow a rappelé que la législation sénégalaise sur la transparence, notamment le code de 2012 et la loi organique de 2020, oblige l’État à fournir aux députés toutes les informations relatives à la dette publique et aux emprunts autorisés par le Parlement. Selon lui, la mention lacunaire du budget 2026 ne constitue pas une communication claire et complète, et le refus du gouvernement de partager les documents en invoquant la confidentialité fragilise la confiance et le contrôle parlementaire.

Face à cette situation, le groupe parlementaire a formulé des demandes précises, comprenant la publication des rapports du cabinet Mazars sur la dette, la mise à disposition des accords de prêt TRS et la diffusion des bulletins statistiques sur la dette publique, non publiés depuis 2023. Abdou Mbow a également souligné la pression fiscale qui pèse sur les Sénégalais, avec une mobilisation interne cumulée de plus de 8 000 milliards FCFA entre 2024 et 2025, renforçant la nécessité de clarifier la situation et d’éviter toute charge supplémentaire imprévue.

Pour répondre à ce refus d’information, Aïssata Tall Sall a annoncé le dépôt imminent d’une demande de commission d’enquête parlementaire auprès du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Cette commission aura pour mission d’examiner en détail les conditions et les clauses du TRS, d’évaluer les risques financiers associés et de proposer des mesures pour sécuriser la gestion future de la dette.

L’affaire illustre une tension croissante entre le gouvernement et le Parlement, où le manque de transparence sur des emprunts complexes comme celui-ci menace la confiance dans la gestion des finances publiques. Pour l’opposition, il s’agit d’un enjeu central pour la crédibilité du Sénégal, tant auprès des investisseurs internationaux que des citoyens. La balle est désormais dans le camp du gouvernement : répondre favorablement aux demandes d’information ou persister dans le secret, au risque d’aggraver une crise de confiance déjà perceptible