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Procès des 18 supporters sénégalais à Rabat : jusqu’à deux ans de prison requis

L’audience des 18 supporters sénégalais poursuivis au Maroc s’est tenue ce jeudi au tribunal de première instance de Rabat, dans un climat mêlant tension judiciaire et attention diplomatique. Dès la matinée, leur avocat, Me Patrick Kabou, indiquait que la défense, accompagnée de la représentation diplomatique et consulaire sénégalaise, était présente sur place depuis 9h30. Les prévenus devaient être conduits à la « cave » du tribunal à midi, avant l’ouverture de l’audience prévue à 13h.

Apres 1 mois de détention , les Supporters sénégalais ont fait face au juge ce jeudi. Toutefois, au cœur des débats, les réquisitions du parquet marocain ont marqué les esprits. Selon AFP, le ministère public a demandé jusqu’à deux ans de prison ferme contre chacun des accusés, soit la peine maximale encourue pour les faits retenus. D’après le représentant du parquet, les supporters auraient « délibérément voulu perturber le bon déroulement du match » et commis des violences diffusées en direct sur des chaînes de télévision.

Les poursuites s’inscrivent dans le cadre des incidents survenus le 18 janvier dernier, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 disputée au Stade Moulay Abdellah. Ce soir-là, le Sénégal s’était imposé 1-0 face au Maroc au terme d’une rencontre particulièrement tendue. Après un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, consécutif à un but refusé au Sénégal, plusieurs supporters sénégalais avaient tenté d’envahir la pelouse pendant près de quinze minutes, tandis que des projectiles, dont au moins une chaise, avaient été lancés vers le terrain.

C’est sur ces faits que repose l’accusation de « hooliganisme », une qualification juridique qui englobe les violences contre les forces de l’ordre, la dégradation d’équipements sportifs, l’invasion de la pelouse et les jets de projectiles. Le parquet fonde principalement ses poursuites sur les images des caméras de surveillance du stade ainsi que sur les certificats médicaux des membres des forces de l’ordre et des stadiers blessés. Les dégâts matériels, dans une enceinte entièrement reconstruite avant la compétition, sont estimés à plus de 370 000 euros.

L’affaire, très suivie au Sénégal, dépasse désormais le seul cadre sportif et s’inscrit dans une dimension diplomatique sensible, alors que le Maroc, hôte de la 35e édition de la CAN, s’apprête à coorganiser la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal.

Le verdict, attendu dans les prochains jours, sera déterminant tant pour les prévenus que pour l’évolution de ce dossier à forte résonance régionale.