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Mondial 2026 : quand la fiscalité américaine pèse sur les sélections africaines

La Coupe du monde 2026 s’annonce déjà comme un tournoi historique : 48 équipes, des stades flambant neufs aux États-Unis, au Canada et au Mexique, et un prize money record de 727 millions de dollars, dont environ 655 millions destinés aux sélections. Mais derrière le spectacle sportif, un enjeu discret mais crucial pourrait influencer les fortunes des équipes : la fiscalité américaine.

Contrairement au Mondial 2022 au Qatar, où la FIFA avait obtenu une exonération quasi totale pour les participants, les autorités américaines n’ont pas accordé de tel traitement pour 2026. Les fédérations nationales devront donc composer avec des prélèvements fédéraux et locaux, variant selon l’État où se déroulent les matchs. Cette situation introduit un écart significatif entre les pays, accentué par l’existence ou non de conventions fiscales bilatérales avec les États-Unis.

Pour certaines nations africaines comme le Maroc, l’Égypte ou l’Afrique du Sud, les traités fiscaux permettent de réduire le risque de double imposition. Une partie des primes FIFA peut être exonérée ou compensée, offrant un allégement partiel. Mais même pour ces équipes, les joueurs restent soumis à l’impôt américain sur les revenus générés sur le sol des États-Unis, et les staffs techniques ne sont pas épargnés.

À l’inverse, des pays comme le Sénégal, le Ghana ou la République démocratique du Congo n’ont pas de tels accords. Ils pourraient donc voir une fraction importante de leurs primes, allant de 15 % à 30 % du prize money, prélevée par le fisc américain. Concrètement, une équipe éliminée en phase de groupes, dont la prime est de 9 millions de dollars, pourrait perdre jusqu’à 2,7 millions en taxes, tandis qu’un vainqueur du tournoi avec 50 millions de dollars à la clé pourrait voir jusqu’à 15 millions prélevés. Sur l’ensemble des 48 équipes, les États-Unis pourraient ainsi capter entre 100 et 200 millions de dollars en impôts liés aux primes FIFA, sans compter les taxes sur joueurs et sponsors.

Les sélections européennes, elles, bénéficient souvent de conventions fiscales robustes avec les États-Unis. Les fédérations françaises, allemandes, espagnoles ou anglaises paient ainsi moins de taxes sur leurs gains, même si les joueurs individuels restent imposables. Cette asymétrie creuse un fossé économique entre les participants, où certaines équipes africaines risquent d’être financièrement désavantagées malgré leur qualification et leurs performances sportives.

Au-delà de l’aspect financier, cette situation pose une question géopolitique : un Mondial organisé sur le sol américain transforme les primes et les revenus en un levier fiscal puissant, renforçant l’influence économique des États-Unis sur les équipes étrangères. Les pays africains sans traités sont particulièrement vulnérables, ce qui pourrait accentuer les inégalités entre fédérations riches et plus modestes.

Alors que le tournoi approche, les fédérations africaines devront composer avec des choix financiers difficiles : optimiser les coûts, préparer les équipes et absorber un éventuel prélèvement fiscal lourd. Entre l’euphorie sportive et la rigueur économique, la Coupe du monde 2026 ne se joue pas seulement sur le terrain, mais aussi dans les bilans comptables.