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Me Patrick Kabou revient sur le dossier des supporters sénégalais

Le procès des supporters sénégalais au Maroc a mis en lumière des tensions entre débats et décision rendue, ainsi que des difficultés procédurales et diplomatiques. Me Patrick Kabou, avocat mandaté par les autorités sénégalaises, fait le point.

Lors de son interview avec Sans Limites TV, Me Kabou a souligné que la décision du tribunal était très différente de ce qui avait été débattu. Le procureur du roi, à la fin des débats, s’en est remis à l’appréciation du juge sans demander de peine de prison ferme, après que la défense ait démonté toutes les accusations. L’avocat a rappelé que la CAF avait déjà sanctionné les supporters par une amende, ce qui rendait toute double sanction inappropriée. Concernant le trouble à l’ordre public, il a précisé que le stade ne faisait pas partie de l’espace public et que la situation était encadrée par des policiers sénégalais intervenant comme intermédiaires entre les supporters et les forces locales.

Me Kabou a également dénoncé un manque de régularité dans la procédure. Le dossier est arrivé seulement quelques jours avant le procès, nécessitant plusieurs avocats pour traduction et préparation de la plaidoirie. Les horaires étaient changeants et certains procès-verbaux variaient d’une audience à l’autre. Il a relaté que sa plaidoirie de trois minutes a été interrompue et qu’on lui a demandé de plaider uniquement en arabe, ce qui a constitué un changement des règles en pleine audience.

L’avocat a insisté sur le rôle crucial de la représentation diplomatique sénégalaise à Rabat, qui a permis de suivre les supporters et de maintenir le lien avec leurs familles. Un supporter, Diawara, qui avait fait un malaise pendant l’audience, va mieux et un autre détenu possédant la double nationalité sénégalaise et américaine a choisi de se faire juger comme ses compatriotes. La suite du dossier dépend désormais des autorités sénégalaises dans le cadre de la coopération judiciaire avec le Maroc, et la défense dispose de dix jours pour faire appel.