L’Ouganda décroche Mayacine Mar
Après treize années passées à la tête de la Direction technique nationale, Matacine Mar a quitté ses fonctions opérationnelles au sein de la Fédération Sénégalais de Football pour atterrir en Ouganda. En poste depuis 2012, il a été l’un des principaux artisans de la structuration technique du football au Sénégal
L’Ouganda a fait appel à l’expertise sénégalaise pour bâtir une architecture du football sur le long terme. Durant son mandat à la DTN, le travail engagé a porté sur l’harmonisation des contenus de formation entre les différentes catégories d’âge, la consolidation du suivi des académies et le renforcement des programmes de certification des entraîneurs. L’objectif était d’assurer une cohérence méthodologique entre les sélections de jeunes et l’équipe nationale A, afin de stabiliser la performance dans le temps. Cette approche a permis de réduire les ruptures générationnelles et d’inscrire les résultats dans un cadre organisationnel plus structuré.
C’est cette expertise que l’Ouganda a choisi de mobiliser. Le pays sort d’une participation à la CAN, disputée au Maroc , après avoir manqué les deux éditions précédentes. Placés dans un groupe relevé avec la Tunisie , le Nigeria et la Tanzanie , les Cranes ont terminé la phase de poules avec un point en trois rencontres, insuffisant pour atteindre les huitièmes de finale. Ce retour sur la scène continentale a confirmé une volonté de progression, mais aussi des fragilités structurelles.
Si la perspective de la CAN 2027, coorganisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, constitue un contexte important, la mission confiée à Mayacine Mar ne se limite pas à cette échéance. Elle s’inscrit davantage dans un projet de long terme visant à installer une architecture technique durable. Il ne s’agit pas de préparer un tournoi dans l’urgence, mais de bâtir un système capable de produire régulièrement des joueurs compétitifs et d’assurer une continuité entre formation et haut niveau.
L’apport de Mayacine Mar peut se situer à plusieurs niveaux : la définition d’un référentiel technique national, la professionnalisation des encadrements locaux, la structuration de la détection et du suivi des talents, ainsi que l’instauration d’une culture organisationnelle fondée sur la planification et l’anticipation. En effet l’expérience sénégalaise montre qu’une performance durable repose moins sur une génération exceptionnelle que sur la solidité du cadre institutionnel.
Cette mobilité traduit également une évolution plus large du football africain. Les fédérations du continent s’appuient de plus en plus sur des expertises internes plutôt que sur des solutions importées. Le Sénégal exporte désormais non seulement des joueurs, mais aussi un savoir-faire organisationnel.
Mais aujourd’hui la réussite de Mayacine dans le projet ougandais dépendra des moyens accordés, de la stabilité fédérale et de la capacité à inscrire les réformes dans la durée. Mais le choix opéré par Kampala indique déjà une orientation claire de transformer les fondations avant de viser les sommets.



