Les États Unis en opération séduction dans les pays de l’AES
Après plusieurs années de tensions et le départ des forces américaines du Sahel, les États-Unis adoptent une approche pragmatique pour maintenir leur influence dans le Sahel. Entre accords sanitaires et levées de sanctions, Washington et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) réinventent leur partenariat.
Le Sahel reste une région privilégiée pour les grandes puissances. Les états unies ne semblent pas apprécier le depart de leur forces militaires de la zone notamment au Niger. C’est pourquoi Washington enchaîne les initiatives de reconquête et de coopération. Le 27 février 2026, ils ont signé avec le Burkina Faso un protocole de coopération sanitaire d’une valeur de 147 millions de dollars sur cinq ans. Cet accord vise à renforcer les systèmes de santé, améliorer la surveillance des maladies infectieuses, lutter contre le VIH/sida et le paludisme, et développer les capacités locales de réponse aux épidémies. Le Burkina Faso s’engage à intégrer progressivement le personnel formé dans son système public. Ce protocole s’inscrit dans la stratégie globale américaine dite « America First Global Health Strategy », destinée à renforcer la résilience sanitaire des pays partenaires.
De même en début de mois, le Niger a conclu un accord similaire d’environ 128 millions de dollars avec les États-Unis. Comme au Burkina Faso, l’objectif est de renforcer les capacités de soins de santé, de lutte contre les maladies infectieuses et de préparation aux urgences sanitaires. Ces accords illustrent la volonté américaine de maintenir un engagement tangible dans la région, malgré le retrait militaire direct.
Au Mali, membre aussi de l’Alliance des États du Sahel, les États-Unis ont levé fin février 2026 les sanctions imposées à trois hauts responsables militaires maliens, dont le ministre de la Défense Sadio Camara, qui avaient été ciblés en 2023 pour leurs liens présumés avec des sociétés militaires étrangères. L’ambassade américaine à Bamako a remis la notification officielle aux autorités maliennes le 2 mars 2026, marquant un signal fort de réouverture diplomatique et de reprise du dialogue.
Pour les pays de l’AES, ces initiatives apportent un soutien concret à leurs systèmes de santé et permettent de renouer des relations diplomatiques sans subir de présence militaire directe. Pour les États-Unis, il s’agit de maintenir des canaux d’influence dans une zone stratégique, d’assurer un accès aux ressources naturelles et de participer à la résilience sanitaire régionale. Cette évolution traduit une approche pragmatique et équilibrée, où les deux parties tirent des bénéfices tangibles d’une coopération repensée.



