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Le Sénégal célèbre Amadou Mahtar Mbow…

Le Sénégal a célébré aujourd’hui un de ses illustre fils :Amadou-Mahtar Mbow, ancien directeur général de l’UNESCO et figure emblématique du savoir, de la dignité des peuples africains et du panafricanisme. La cérémonie officielle, présidée par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, s’est tenue au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio.

Dans une atmosphère empreinte de solennité, dirigeants, diplomates, universitaires et jeunes venus de tout le pays ont rendu hommage à celui qui fut l’un des premiers Africains à diriger une institution internationale majeure. Amadou-Mahtar Mbow, symbole de compétence, d’intégrité et de vision, incarne, la fierté d’un Sénégal debout, maître de son destin, enraciné dans ses valeurs et ouvert sur le monde.

Une réappropriation de l’identité sénégalaise et africaine

Cette célébration s’inscrit dans un contexte plus large de réappropriation de l’identité culturelle nationale. Depuis plusieurs mois, les autorités sénégalaises multiplient les initiatives visant à valoriser le patrimoine et la mémoire collective.

De nombreuses rues et avenues, autrefois baptisées du nom de figures coloniales, ont été renommées pour honorer des héros nationaux ou de concepts de souveraineté. Cette démarche symbolise une volonté politique claire : restaurer l’estime de soi et encourager un changement de paradigme, fondé sur la confiance en soi et la dignité.

Ce mouvement initié par le gouvernement actuel est une continuité historique. Les régimes précédents ont eux aussi cherché à inscrire dans la pierre la reconnaissance des grandes figures du pays : l’aéroport international porte le nom de Blaise Diagne, premier député africain à siéger en France ; le grand stade de Diamniadio celui d’Abdoulaye Wade, homme d’État et panafricaniste convaincu ; et tout récemment, le building administratif de Dakar a été rebaptisé Mamadou Dia, en hommage à l’ancien président du Conseil.

La commémoration annuelle du massacre de Thiaroye, rappelant le sacrifice des tirailleurs sénégalais, témoigne également de cette volonté de préserver et de transmettre la mémoire nationale.

Un travail encore à poursuivre : les femmes à l’honneur demain ?

la célébration des héros occupe une place importante dans la politique culturelle du gouvernement, mais il y a des efforts à faire pour accorder une place plus considérable aux héroïnes du pays dans la politique mémorielle et la sélection des événements et personnages historiques à donner en exemple.

Les femmes de Nder, qui ont choisi la mort plutôt que la servitude en 1820, ou encore Aline Sitoé Diatta, la résistante de Casamance, demeurent des symboles puissants de courage et de dignité. Beaucoup appellent à leur consacrer des journées spécifiques et à leur donner une place équivalente dans les politiques de mémoire nationale.

Le défi de la mémoire vivante

Malgré les avancées, certains chantiers tardent à voir le jour, à l’image du Mémorial de Gorée-Almadies, encore en attente de concrétisation. Pour de nombreux observateurs, cet édifice serait un lieu hautement symbolique, capable de relier passé, présent et futur, et d’ancrer définitivement la mémoire africaine dans le paysage sénégalais.

En honorant Amadou-Mahtar Mbow, le Sénégal ne célèbre pas seulement un homme, mais tout un idéal : celui d’un peuple conscient de son histoire, fier de ses valeurs, et résolument tourné vers l’avenir.