La Coupe du Monde 2026 tourne déjà au fiasco complet
À sept mois du coup d’envoi, le Mondial 2026 accumule déjà controverses et tensions diplomatiques. Entre soupçons de collusion politique, accusations d’instrumentalisation et scandale autour du « Pride Match » opposant l’Égypte à l’Iran, la compétition censée marquer un nouveau départ pour la FIFA vire à la crise avant même de commencer.
À peine le tirage au sort effectué la semaine dernière à Washington, la Coupe du Monde 2026 semble déjà emprunter un chemin chaotique. Le Mondial élargi à 48 équipes, co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, devait symboliser un nouveau départ pour la FIFA après une décennie de polémiques. Le calendrier, publié dans la foulée, a détaillé une compétition dense répartie sur seize villes hôtes, avec plusieurs affiches déjà très attendues mais qui marqueraient un désastre écologique pour certaines nations. Mais au lieu de générer l’enthousiasme prévu autour de ce format inédit, c’est un climat de crispation et d’inquiétude qui domine. Entre les enjeux géopolitiques, la gestion contestée des droits humains et des événementiels intégrés au tournoi, l’organisation se retrouve sous pression avant même que le premier ballon ne soit touché.
Les tensions se cristallisent d’autant plus que l’institution doit de nouveau se défendre d’accusations de collusion politique. Depuis plusieurs jours, les critiques redoublent autour de la proximité affichée entre Gianni Infantino et Donald Trump, président américain et figure clivante revenue au centre du jeu public. La récente remise à Trump d’un « prix de la paix » par une organisation sportive favorable à la FIFA a été perçue par de nombreux observateurs comme une mise en scène politique malvenue, à quelques mois du tournoi. À cela s’ajoutent les soupçons de pression exercée sur plusieurs fédérations nord-américaines, accusées d’avoir soutenu des projets médiatiques liés à la candidature de Trump. Ces séquences ravivent le spectre d’un Mondial placé sous influence, alors même que la FIFA tente désespérément de démontrer son indépendance et la transparence de ses décisions. Accusé d’avoir enfreint les règles de neutralité politique de l’instance mondiale du football, Gianni Infnantino fait d’ailleurs l’objet d’une enquête ouverte par la FIFA.
Plusieurs polémiques à gérer
C’est dans ce contexte déjà inflammable que l’annonce du « Pride Match » entre l’Égypte et l’Iran a déclenché une tempête internationale. La FIFA et la ville de Seattle avaient prévu de longue date de consacrer la rencontre du 26 juin aux célébrations de la Fierté LGBTQ+, un événement porté par l’État de Washington et intégré au dispositif local du Mondial. Mais le hasard du tirage au sort a associé à cet événement deux nations parmi les plus répressives au monde sur les questions LGBTQ+. En Iran, les relations homosexuelles peuvent être passibles de la peine de mort, et en Égypte, les autorités utilisent régulièrement des lois sur la moralité pour cibler les minorités sexuelles. Cette dissonance a immédiatement suscité critiques, incompréhensions et accusations d’instrumentalisation symbolique. La FIFA assure ne pas vouloir reprogrammer la rencontre et rappelle que l’initiative appartient aux organisateurs locaux, soucieux d’affirmer un message d’inclusion. Un argument déjà utilisé lors du Mondial 2022 au Qatar, lorsque l’instance avait été vivement critiquée pour avoir menacé de sanction les joueurs souhaitant porter le brassard OneLove.
La Fédération iranienne de football a, sans surprise, violemment réagi. Mehdi Taj, son président, a qualifié la désignation du match des fiertés d’« irrationnelle » et annoncé que l’Iran, ainsi que l’Égypte, déposerait une plainte officielle auprès de la FIFA. Téhéran rappelle que la polémique intervient dans un climat déjà tendu. Le pays avait menacé de boycotter le tirage après le refus de visas américains à certains membres de sa délégation. Les Etats-Unis penseraient à refuser le visa à la star iranienne Mehdi Taremi. L’Iran, habituée malgré elle aux scandales en Coupe du Monde, dénonce un nouvel épisode où les joueurs deviennent otages de considérations politiques qui les dépassent. En 2018, c’est Nike qui avait refusé de fournir des chaussures aux joueurs. En 2022, plusieurs groupes d’activistes avaient tenté de faire exclure la sélection du tournoi. Aujourd’hui encore, ce sont les 26 internationaux iraniens, et derrière eux 90 millions de citoyens, qui voient leur équipe transformée malgré elle en symbole politique, avant même d’avoir posé un pied sur la pelouse. Placés dans un groupe G relevé aux côtés de l’Égypte, de la Belgique et de la Nouvelle-Zélande, les joueurs iraniens se retrouvent une fois de plus au centre d’une tempête qui ne concerne ni leur football, ni leur performance.
Côté égyptien, la réaction est tout aussi ferme. Dans une lettre adressée au secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafström, la Fédération égyptienne exprime son « rejet absolu » de toute activité liée aux célébrations LGBTQ+ durant le match. Elle souligne que de telles initiatives « pourraient provoquer des sensibilités culturelles et religieuses » et demande expressément que toutes les manifestations associées à la Pride soient retirées du programme officiel. L’Égypte rappelle s’appuyer sur un principe que la FIFA revendique elle-même, à savoir celui du respect des cultures des nations participantes. Les organisateurs du Pride Match à Seattle maintiennent, eux, que l’événement aura bien lieu, indépendamment de l’identité des équipes. « Il y a des personnes LGBTQIA+ partout, toutes sont les bienvenues à Seattle », déclarait récemment un membre du comité consultatif local. Une collision frontale entre deux visions diamétralement opposées de ce que doit être un événement sportif mondial, et un nouveau casse-tête diplomatique pour une FIFA qui voit, une fois encore, son grand rendez-vous tourner au fiasco avant même le coup d’envoi.




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