Dossier €650 millions: “toutes les informations nécessaires ont été partagées avec le FMI, notamment dans le cadre du programme en cours de négociations”
À la suite des révélations du Financial Times sur des opérations financières du Sénégal, Cheikh Fatma Diop, Directeur de Cabinet du Ministre de l’emploi et de la formation Professionnelle et Technique / Commissaire à l’Économie et à la Planification du parti PASTEFa apporte une réplique. Il entend rétablir les faits, en rappelant le cadre légal, la transparence des mécanismes utilisés et le contexte économique dans lequel ils s’inscrivent. Voici sa contribution:
Les swaps, que notre pays comme de nombreux autres a utilisé dans le cadre de sa gestion budgétaire, de son exposition à la dette extérieure et de sa participation au commerce international, sont des instruments employés régulièrement ces dernières années. Il existe différents types de swaps (de taux d’intérêt, de devises, de matières premières) permettant notamment de se couvrir contre les risques de taux ou de change, dans une logique globale de gestion budgétaire et de commerce international.
En l’occurrence, l’article du Financial Times fait état d’opérations exécutées en 2025. La principale information portée à la connaissance du grand public concerne l’identité des deux banques impliquées.
Dès lors que le Parlement a autorisé ces opérations contrairement au contexte de la véritable dette cachée du régime précédent, où la dette bancaire n’avait pas été retracée dans les comptes de l’État, comme l’a constaté la Cour des comptes, les montants mobilisés peuvent être utilisés pour toutes les opérations prévues par la loi de finances.
En l’occurrence, les swaps en question ont permis à l’État d’accéder à des devises nécessaires à ses diverses opérations avec le reste du monde, rendues plus difficiles par l’accès limité au marché obligataire international, précisément en raison de l’héritage et du scandale de la dette cachée du régime précédent. Les comptes devront, à cet égard, être faits avec les responsables. Les actifs sous-jacents sont des obligations du Trésor. Il est difficile de faire preuve de plus de transparence dans la mesure où ces titres sont négociés sur un marché et que les opérations sont documentées par la presse spécialisée ainsi que par les observateurs avertis. Il s’agit en outre d’un marché secondaire sous-régional stable et peu volatil. En matière de transparence et d’autorisation parlementaire, toutes les conditions sont donc réunies.
Quels sont les risques ?
L’un des principaux risques liés à ces instruments réside dans les appels de marge, notamment lorsque les obligations sous-jacentes sont volatiles. Lorsque leur prix baisse au-delà d’un seuil contractuel, un appel de marge peut intervenir sous forme de versement destiné à maintenir le niveau requis. Toutefois, depuis la mise en place de ces instruments, aucun appel de marge n’a été enregistré. Les techniciens des finances définissent d’ailleurs les seuils de manière à en limiter fortement la probabilité.
Des garanties réelles existent donc également à ce niveau.
À titre comparatif, certains pays, comme l’Angola, ont adossé leurs swaps à des eurobonds, dont la volatilité peut être plus élevée, exposant ainsi ces États à des risques accrus. Enfin, toutes les informations nécessaires sont partagées avec le FMI, notamment dans le cadre du programme en cours de négociations. Le gouvernement fait preuve de transparence et d’ingéniosité dans la recherche de solutions, dans le cadre de la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050



