Dette publique : le Forum Civil exige la transparence totale sur les emprunts contractés en 2025
La polémique autour de la dette publique sénégalaise prend de l’ampleur. Après les révélations de la presse internationale sur un emprunt de 650 millions d’euros contracté en 2025 via des mécanismes financiers complexes, le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, monte au créneau et réclame des clarifications immédiates de la part des autorités.
Selon les informations initialement publiées, ces financements auraient été mobilisés auprès de l’Africa Finance Corporation (AFC) et de First Abu Dhabi Bank (FAB), à travers des instruments appelés Total Return Swaps (TRS), encore peu connus du grand public. Mais lors d’une conférence de presse tenue le 26 mars 2026, le ministre des Finances et du Budget, entouré de hauts responsables du Trésor et de la dette publique, a apporté des éléments nouveaux, évoquant l’implication d’un troisième acteur bancaire, la Société Générale.
Plus encore, les autorités ont avancé un montant global de 721 milliards de francs CFA, soit un niveau supérieur à celui évoqué jusque-là dans les colonnes du Financial Times. Cette divergence de chiffres, combinée à la complexité des mécanismes utilisés, alimente les interrogations sur la nature réelle de ces engagements financiers et leurs implications pour les finances publiques.
Dans ce contexte, le Forum Civil estime que l’information fournie reste insuffisante. L’organisation souligne que l’autorisation parlementaire du plan d’emprunt ne saurait se limiter à une validation globale des montants, sans inclure une compréhension précise des instruments financiers mobilisés. Elle insiste ainsi sur la ضرورة d’une transparence intégrale, passant notamment par la publication des conventions signées avec les partenaires financiers.
Au-delà de la question de la dette, l’organisation appelle également à une gouvernance plus inclusive des décisions économiques. Elle recommande au gouvernement de privilégier le dialogue avec les acteurs sociaux — universités, syndicats de l’éducation et de la santé, ainsi que les représentants des usagers — afin de préserver la qualité et la continuité des services publics dans un contexte budgétaire contraint.
Le Forum Civil élargit par ailleurs son plaidoyer au secteur extractif, en demandant la publication des informations relatives aux renégociations de contrats et aux résiliations annoncées. Une exigence qui s’inscrit dans une logique globale de redevabilité et de bonne gouvernance.
Enfin, l’organisation rappelle à l’État son obligation de rendre public le rapport du cabinet Forvis Mazars sur la dette publique, un document jugé crucial pour éclairer l’opinion sur la situation réelle des finances nationales.
À travers cette sortie, le Forum Civil remet au centre du débat la question de la transparence dans la gestion de la dette, à un moment où les choix financiers de l’État pourraient avoir des répercussions durables sur l’économie et les générations futures.



