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CAN 2025 : à l’approche du match Mali – Sénégal, deux États qui ont failli n’en faire qu’un

C’est l’une des affiches les plus attendues de ces quarts de finale en Afrique de l’Ouest. D’un côté, le Sénégal a montré qu’il était l’un des grands favoris de cette Coupe d’Afrique des nations (CAN) grâce à la richesse de son effectif, avec des joueurs comme Sadio Mané et Iliman Ndiaye. En face, les Aigles du Mali se sont qualifiés au forceps face à la Tunisie (1-1, tab). Réduits à 10 dans un match à rebondissement, ils ont su montrer une grande force mentale. Les deux pays sont proches, réunies par une histoire commune, celle de la Fédération du Mali.

Le duel s’annonce tendu. D’un côté, le Sénégal a montré qu’il était l’un des grands favoris de cette Coupe d’Afrique des nations (CAN) grâce à la richesse de son effectif, avec des joueurs comme Sadio Mané et Iliman Ndiaye. En face, les Aigles Mali se sont qualifiés au forceps face à la Tunisie (1-1, tab). Réduits à 10 dans un match à rebondissement, ils ont su montrer une grande force mentale. 

Ce vendredi 9 janvier, les Lions de la Teranga affronteront les Aigles du Mali en quarts de finale de la CAN au stade de Tanger. Plus qu’un simple match, c’est une rencontre symbolique pour les deux pays frères, réunis par une histoire commune, celle de la Fédération du Mali. 

Une union fédérale liée au contexte des indépendances 

Tout commence en 1958. Alors colonisés par la France, le Sénégal et le Soudan français (futur Mali) font tous deux partie de l’Afrique occidentale Française (AOF). L’AOF est alors un gouvernement général qui regroupait différentes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest.

Cette année-là, l’organisation est dissoute par le Général de Gaulle. L’AOF devient la Communauté française, un statut qui rend possible l’accession à l’indépendance. Deux options s’offrent aux hommes politiques d’Afrique de l’Ouest : opter pour une voie fédérale ou rester indépendant dans son propre État.

Les deux hommes forts du Sénégal et du Soudan français (futur Mali), Léopold Sédar Senghor (président du Sénégal entre 1960 et 1980) et Modibo Keïta (président du Mali de 1960 à 1968), se rejoignent sur une position fédérale motivés par une inquiétude : la balkanisation prochaine des territoires de l’ancienne AOF. Ils décident la mise sur pied d’un ensemble, nommé Fédération du Mali.

Une fédération portée par deux hommes aux  visions différentes

Le 04 avril 1959, la constitution de la Fédération du Mali est adoptée et un gouvernement fédéral paritaire est formé dans la foulée. 

Le journal Le Monde, rapporte : « Certes les représentants du Sénégal, du Soudan français (actuel Mali) et du Dahomey (actuel Bénin) ont décidé de constituer leurs trois territoires en  » fédération primaire.’ L’option du Dahomey (actuel Bénin) risque pour sa part d’être remise en question par les élections qui auront lieu en février dans ce territoire.” Le Dahomey (actuel Bénin) se retire rapidement du projet.

Un an plus tard, la création de la Fédération du Mali va permettre au Sénégal et au Soudan français (futur Mali) de se positionner en force face à Paris dans les négociations en vue de son indépendance. Elle est officialisée le 20 juin 1960, quelques mois après la signature d’accords dans la capitale française. 

Mais la lune de miel est de courte durée entre les deux dirigeants africains. Le contexte de guerre froide entre le bloc soviétique et occidental a des conséquences directes sur les relations entre les deux hommes forts à l’origine de l’alliance. D’un côté, Léopold Sédar Senghor, poète de la négritude, formé à la rigueur de la langue française, ne cache pas son attachement pour la France. 

De l’autre, Modibo Keïta, instituteur malien aux convictions panafricanistes, rompt toute idéologie avec l’ancienne colonie. Il s’oriente vers le socialisme et se rapproche de l’URSS.

Un épisode de courte durée alimenté par des divergences politiques 

La brouille prend forme seulement deux mois après l’accession à l’indépendance. La répartition des postes politiques entre Sénégalais et Maliens, ainsi que la question de la présidence de la Fédération, anime les débats. Les deux dirigeants craignent respectivement un coup d’État.

« Des deux côtés, les dispositions étaient prises pour la lutte, les unes par réaction aux autres, sans qu’il y ait eu consultation, dialogue entre la délégation malienne à Dakar (venu discuter au Sénégal, ndlr) et leurs hôtes sénégalais », rapporte Sékéné Mody Cissoko au média RFI. L’historien malien est auteur d’un livre sur le sujet, « Un combat pour l’unité de l’Afrique de l’ouest : la Fédération du Mali (1959-1960) »

Il ajoute : « Le malentendu était total. Les Maliens à leur tour crurent que les Sénégalais préparaient un coup de force pour se retirer de la Fédération. » 

Leurs chemins se séparent et la Fédération du Mali est dissoute. Mais sur le plan politique, les liens historiques demeurent. “Il y a eu des tentatives de réconciliation depuis cet éclatement, rappelle Daouda Dioh, ancien président de la Fédération des Associations sénégalaises au Mali, dans un reportage diffusé sur la radio malienne ORTM. Les différentes transitions des gouvernements sénégalais, on le sait, ont gardé de bonnes relations avec les présidents au Mali.” 

Cette tentative avortée d’union reste aujourd’hui un symbole fort de proximité historique pour les deux nations qui s’affronteront ce vendredi à la CAN 2025. Reste à savoir qui des deux remportera le match.

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