Cambriolages à Dakar: la Police démantèle un réseau derrière une série de 11 cambriolages estimée à près de 200 millions F CFA
La Police nationale du Sénégal a annoncé avoir démantelé un réseau structuré à l’origine d’une série de cambriolages perpétrés dans les secteurs de Pikine, Dalifort et Bel-Air. Les faits se sont déroulés sur une période de près de trois mois, entre le 31 octobre 2025 et le 28 janvier 2026. Au total, onze incidents ont été enregistrés, dont neuf cambriolages consommés et deux tentatives. Le préjudice financier minimal est estimé à environ 197 millions de francs CFA, un montant qui pourrait être revu à la hausse si l’on intègre la valeur du matériel informatique, des équipements professionnels et des armes à feu dérobés.
Selon les autorités policières, les malfaiteurs opéraient en groupes organisés composés de dix à quinze individus. Ils intervenaient principalement entre trois heures et cinq heures du matin, armés de machettes, de pieds-de-biche et de cisailles. L’accès aux sites ciblés se faisait par effraction ou par escalade. Une fois sur place, les assaillants neutralisaient systématiquement les vigiles, les ligotaient et confisquaient leurs téléphones afin d’empêcher toute alerte. Ils procédaient ensuite à une fouille rapide des locaux pour s’emparer de liquidités, d’ordinateurs, de machines spécialisées, de bijoux ou encore d’armes.
Les enquêtes ont révélé un mode opératoire particulièrement structuré. Avant chaque opération, un repérage minutieux était effectué afin d’identifier les sites présentant un intérêt financier. Les membres du groupe cotisaient pour acquérir du matériel neuf destiné aux cambriolages. Ils fixaient ensuite une date, se donnaient rendez-vous dans la zone de Dalifort et se déployaient vers la cible par différents moyens de transport, notamment des motos et des taxis. Après chaque coup, ils se regroupaient pour partager l’argent et organiser l’écoulement des objets volés par l’intermédiaire d’un receleur identifié par les enquêteurs.
Plusieurs entreprises ont été durement touchées. Le 31 octobre 2025, une société a perdu 24 millions de francs CFA ainsi que du matériel informatique. Le 21 janvier 2026, une usine de pêche s’est fait dérober un coffre-fort contenant 15 millions de francs CFA, 1 000 euros et plusieurs téléphones. Le 24 janvier 2026, une autre entreprise a été délestée de 95 millions de francs CFA, de bijoux en or estimés à 6 millions et de divers équipements. D’autres structures ont subi des pertes allant de quelques centaines de milliers à plusieurs dizaines de millions de francs CFA, confirmant l’ampleur du phénomène.
Face à la répétition des attaques dans une même zone géographique, des interrogations ont émergé quant au délai nécessaire pour interpeller les suspects. Les responsables policiers ont expliqué que les faits se produisaient en un laps de temps très court et exclusivement de nuit, ce qui compliquait les flagrants délits. Les forces de l’ordre intervenaient le plus souvent après le départ des auteurs, ce qui imposait un travail technique approfondi fondé sur les constatations, les prélèvements et les recoupements d’informations.
Selon la Police, le choix stratégique a été fait de ne pas procéder à des arrestations précipitées afin de remonter l’ensemble de la chaîne criminelle. L’objectif était non seulement d’identifier les exécutants, mais également de cerner les logisticiens et les receleurs impliqués dans l’écoulement du butin. Cette approche coordonnée, menée en collaboration avec les commissariats compétents, la Sûreté urbaine et la Division des investigations criminelles, a permis l’interpellation de plusieurs suspects ainsi que d’un receleur présumé en possession d’objets issus des vols.
Les personnes arrêtées ont été placées à la disposition de la justice et l’enquête se poursuit pour déterminer d’éventuelles ramifications supplémentaires. Avec un préjudice estimé à près de 200 millions de francs CFA sur une période d’environ trois mois, cette affaire met en lumière l’existence d’une criminalité nocturne organisée en zone périurbaine. Elle souligne également la volonté des autorités de privilégier une stratégie de démantèlement global plutôt qu’une réaction ponctuelle, afin de neutraliser durablement les réseaux impliqués.



