Banque mondiale: Ajay Banga souligne les enjeux de développement au Sénégal et en Afrique
Lors d’un entretien au Atlantic Council, Ajay Banga, président de la Banque mondiale, a abordé les défis majeurs auxquels font face les pays africains en matière d’énergie, de création d’emplois et de développement économique. Selon lui, l’électricité est un droit fondamental, indispensable pour la santé, l’éducation et la croissance économique. Il a rappelé que près de 600 millions de personnes en Afrique n’ont toujours pas accès à l’électricité, un chiffre inacceptable en 2026.
Le Sénégal illustre ces défis. Le pays possède des réserves de gaz naturel, mais n’a pas encore les moyens financiers d’exploiter cette ressource via les marchés commerciaux. Banga a souligné que, si ces financements étaient disponibles, le gaz pourrait être utilisé pour la cuisson propre, l’industrie et la production d’électricité de base, contribuant ainsi à un développement durable. Il a également insisté sur la nécessité d’un mix énergétique diversifié intégrant solaire, éolien, hydroélectricité et géothermie pour répondre aux besoins des populations et des entreprises.
Au-delà du Sénégal, Banga a élargi la discussion à l’ensemble du continent. Il a présenté sa stratégie de développement centrée sur trois piliers : la création d’infrastructures physiques et humaines, la mise en place de réformes favorables aux entreprises, et la disponibilité de financements catalytiques. Cette approche vise à stimuler la création d’emplois de qualité et à tirer parti du potentiel économique de l’Afrique, particulièrement dans le contexte de sa dividende démographique, avec 1,2 milliard de jeunes atteignant l’âge de 18 ans dans les quinze prochaines années.
Il a identifié cinq secteurs prioritaires pour stimuler la croissance et l’emploi : infrastructures, agriculture pour petits exploitants, soins de santé primaire, industries à valeur ajoutée et tourisme. Selon Banga, ces secteurs permettent de créer des emplois productifs localement, sans dépendre exclusivement du transfert de postes depuis les pays développés, et contribuent à renforcer la stabilité économique et sociale.
il a aussi souligné l’importance de la coopération multilatérale et de l’intégration du secteur privé dans le financement du développement. La Banque mondiale cherche ainsi à passer d’une approche basée sur les projets et les investissements à une approche axée sur les résultats et la création de valeur réelle pour les populations, avec une transparence totale sur l’impact et l’efficacité des programmes.



