Après Madrid, Washington relance le dialogue sur le Sahara occidental
Après des années d’impasse, le dossier du Sahara occidental a retrouvé une dynamique à Madrid début février 2026. La rencontre espagnole, organisée sous médiation conjointe des États‑Unis et de l’ONU, a permis aux délégations du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Front Polisario de renouer le dialogue. Il ne s’agissait pas encore d’avancer sur le fond, mais de remettre les parties autour de la table et de poser les jalons d’un processus politique structuré.
À peine deux semaines après la rencontre de Madrid, Washington a pris le relais. Les 23 et 24 février, sous la coprésidence de Staffan de Mistura, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, et de l’ambassadeur américain de la même institution, Michael Waltz, les acteurs concernés avaient repris les discussions. L’application de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en octobre 2025 a été choisi comme base de travail. Ce texte prolonge le mandat de la MINURSO et surtout, désigne explicitement le plan d’autonomie marocain comme cadre privilégié de négociation, tout en réaffirmant le principe d’autodétermination du peuple sahraoui. Il offre ainsi un équilibre entre les revendications de souveraineté de Rabat et les droits du peuple sahraoui, constituant un point de départ réaliste pour des compromis progressifs.
Chaque délégation a exprimé ses positions avec fermeté. Le Maroc défend la souveraineté accompagnée d’une autonomie étendue, le Front Polisario maintient la revendication d’un référendum incluant l’option d’indépendance, l’Algérie insiste sur le droit à l’autodétermination et la Mauritanie prône la stabilité régionale. Les échanges ont été qualifiés d’approfondis mais confidentiels, selon les porte-paroles onusiens, afin de ne pas fragiliser le processus naissant.
Washington ne se limite pas à la continuité de Madrid. Car selon eux cette rencontre a permis de transformer une reprise de contact en un processus structuré et multilatéral, avec un cadre politique clair et reconnu par le Conseil de sécurité. Les discussions américaines montrent que, malgré les divergences persistantes, les parties restent engagées et que la diplomatie internationale continue de chercher un compromis réaliste sur un dossier qui semblait figé depuis trop longtemps



