Affaire Madiambal Diagne : Les détails du supplément d’informations envoyés à la Justice française
Dans une réponse officielle transmise à la Cour d’appel de Versailles, Dakar lève le voile sur les accusations pesant contre Madiambal Diagne. Le courrier envoyé par le ministère de la Justice dans lequel figurent une note en réponse du président du Collège des juges d’instruction près le Pjf, une copie des articles de la Constitution, du Code de procédure pénale et du décret sur les procédures d’exécution et d’aménagement des sanctions pénales, évoque de supposés flux financiers opaques et retraits massifs en espèces dans le cadre d’un vaste programme de modernisation de la Justice sénégalaise
Le dossier de demande d’extradition de Madiambal Diagne franchit une étape cruciale avec le report du délibéré au 3 mars prochain. En réponse à un supplément d’informations ordonné le 25 novembre 2025 par la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles, le ministère de la Justice du Sénégal a transmis, le 8 janvier 2026, un document précisant les faits reprochés au mis en cause. Il s’agit d’une note du président du Collège des juges d’instruction près le Pjf, d’une copie de certains articles de la Constitution, du Code de procédure pénale et du décret sur les procédures d’exécution et d’aménagement des sanctions pénales.
Au cœur de l’affaire, se trouve un contrat de partenariat public-privé d’un montant global de 250 milliards de francs Cfa (environ 381 millions d’euros), destiné à la construction et à la modernisation des infrastructures judiciaires au Sénégal. Selon le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), Madiambal Diagne aurait utilisé une entreprise familiale, la Sci Pharaon, pour signer un contrat de sous-traitance avec la société Ellipse Projects Ltd dès février 2020, soit avant même la conclusion de la convention principale. Ce contrat prévoyait une rémunération de plus de 20 milliards de F Cfa (31 millions d’euros) pour de «simples missions d’assistance et de suivi», un montant jugé «excessif» par les enquêteurs au «regard de la faible capacité technique de la Sci».
Comme dit depuis le début de la procédure, le document évoque des mouvements de fonds, particulièrement entre avril 2021 et juin 2022. La Sci Pharaon aurait ainsi reçu des virements totalisant près de 12 milliards de F Cfa (18 millions d’euros) sans «la moindre justification économique». Selon le supplément produit par la Justice, le compte de la Sci aurait perçu à deux reprises le même montant de 2 milliards de F Cfa en avril et juin 2022, pour une prestation identique. Le document souligne que ces fonds ont ensuite fait l’objet de «retraits massifs en espèces». L’épouse de M. Diagne aurait notamment encaissé sept chèques pour un montant total d’un milliard 676 millions de F Cfa (environ 1, 8 million d’euros).
Pour essayer de rassurer la Justice française, le Sénégal a détaillé les garanties procédurales dont bénéficiera l’inculpé. Dakar insiste sur l’indépendance de ses magistrats et le respect strict des droits de la défense : présence obligatoire d’un avocat dès l’interpellation et durant toute l’instruction, possibilité de bénéficier d’un contrôle judiciaire ou d’une assignation à résidence sous surveillance électronique et la garantie d’un procès équitable, audience publique et contradictoire devant un Tribunal indépendant, avec un droit de recours devant la Cour d’appel et la Cour suprême. La Cour d’appel de Versailles doit désormais examiner ces nouveaux éléments pour statuer sur la demande d’extradition, alors que le Sénégal assure que «sa cause sera entendue équitablement».




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