La Maison-Blanche affirme que les délivrances de visas américains ont chuté de 89 % pour l’Afrique. Derrière ce chiffre spectaculaire, présenté dans un bilan de la politique migratoire de Donald Trump publié le 20 octobre, se dessine un durcissement qui touche aussi les voies légales d’entrée aux États-Unis.

Washington revendique désormais une réduction massive de l’immigration. Dans un document intitulé « How President Trump Ended the Border Invasion and Restored American Sovereignty », l’exécutif américain indique que les visas délivrés pour l’Afrique ont diminué de 89 %, contre 81 % pour le Moyen-Orient. Il avance également une baisse de moitié de l’immigration globale. Ce bilan est un document de communication politique de la Maison-Blanche, et non, à lui seul, une série statistique détaillée permettant de vérifier les périodes et les catégories de visas comparées.

Le Sénégal directement concerné

Pour les candidats sénégalais, ces chiffres interviennent dans un contexte déjà restrictif. Depuis le 1er janvier 2026, une proclamation présidentielle suspend partiellement la délivrance de plusieurs catégories de visas aux ressortissants du Sénégal, notamment les visas de visite B-1/B-2, les visas d’études et d’échanges F, M et J, ainsi que les visas d’immigration, sous réserve d’exceptions prévues par le texte. Il ne s’agit donc pas d’une interdiction universelle visant toutes les situations individuelles.

Plus largement, le Département d’État a engagé une réorganisation du traitement des visas en Afrique autour de pôles consulaires régionaux. Pour certains demandeurs du continent, la procédure implique désormais des déplacements supplémentaires, avec des coûts et des contraintes qui s’ajoutent aux restrictions juridiques.

Contrôle migratoire ou fermeture des voies régulières ?

L’administration Trump justifie sa politique par la sécurité nationale, la lutte contre la fraude et la maîtrise des flux migratoires. Ses détracteurs estiment, eux, que les restrictions frappent aussi les étudiants, les familles et les professionnels qui empruntent les procédures légales.

Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse ainsi les statistiques. Il concerne les échanges universitaires, les déplacements d’affaires, les regroupements familiaux et les liens entretenus avec les diasporas installées aux États-Unis. Reste une question essentielle : quelle part de la baisse annoncée résulte des suspensions réglementaires, des changements consulaires ou d’une diminution effective des demandes ? Les données détaillées par pays et par catégorie de visa seront nécessaires pour le mesurer.

Sources : Maison-Blanche, 20 octobre 2026 ; Département d’État américain, notices sur les restrictions de visas et la réorganisation consulaire en Afrique.

Par Ahmadou Kane

Ahmadou Kane est journaliste et fondateur de Dëkbi. Basé dans la région de New York, il couvre les institutions américaines, les Nations unies, la diplomatie, l’économie africaine et les diasporas, avec une attention particulière aux relations entre le Sénégal, l’Afrique et les États-Unis.

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