Le Sénégal souhaite négocier simultanément avec ses différentes catégories de créanciers pour accélérer le traitement de sa dette. Cette approche rejoint les orientations de la Table ronde mondiale sur la dette souveraine, qui rassemble le FMI, la Banque mondiale, des pays emprunteurs et leurs créanciers. Son rapport du 14 octobre, publié à l’occasion des Assemblées annuelles de Bangkok, soutient le principe de discussions parallèles lorsque le pays débiteur privilégie cette méthode.
Une méthode pour accélérer les négociations
La stratégie sénégalaise trouve un écho dans les travaux internationaux consacrés à l’amélioration des mécanismes de restructuration. Selon Reuters, Dakar souhaite avancer sur quatre fronts : les créanciers bilatéraux, les détenteurs d’euro-obligations, les banques commerciales et les institutions régionales de développement. L’objectif est de parvenir plus rapidement à un traitement d’ensemble, sans attendre la fin des pourparlers avec un groupe pour engager ceux avec les autres.
Créée en 2023, la Table ronde mondiale sur la dette souveraine est une plateforme de concertation coprésidée par le FMI, la Banque mondiale et la présidence du G20. Dans son septième rapport d’étape, daté du 14 octobre, elle relève un consensus sur l’intérêt des négociations parallèles plutôt que successives lorsque celles-ci correspondent à la préférence du pays débiteur. Elle insiste sur un partage précoce et continu des informations entre créanciers.
Le rapport explique que les discussions avec les créanciers privés peuvent parfois se poursuivre longtemps après un accord avec les créanciers publics. Entre-temps, la situation économique du pays peut évoluer, compliquant l’évaluation des efforts demandés à chacun. Les échanges menés en parallèle visent à limiter ce décalage et à raccourcir les délais. Cette démarche cherche notamment à éviter les difficultés rencontrées dans les restructurations du Ghana et de la Zambie.
Le Sénégal, un test pour le Cadre commun
Un autre enjeu concerne la comparabilité de traitement : les créanciers n’ont pas nécessairement à accepter exactement les mêmes conditions, mais leur contribution doit rester compatible avec les objectifs de soutenabilité de la dette. Les discussions tiennent notamment compte de l’évolution des remboursements pendant le programme FMI, de la réduction éventuelle de la valeur actualisée de la dette et de l’allongement des échéances.
Le rapport confirme que Dakar a demandé un traitement de sa dette au titre du Cadre commun du G20 et du Club de Paris. Il rappelle la réunion organisée le 6 octobre par le FMI entre les autorités sénégalaises et leurs créanciers extérieurs. Ces échanges interviennent alors que le Sénégal attend l’approbation d’un programme de 36 mois, d’environ 2,2 milliards de dollars, conclu au niveau des services du FMI le 1er septembre. Cette approbation reste conditionnée notamment aux assurances de financement et aux mesures correctives prévues par le Fonds.
La Table ronde n’a cependant pas le pouvoir de fixer les concessions des créanciers ni d’imposer un accord. Elle sert avant tout à faciliter le dialogue, le partage d’informations et les solutions techniques. Pour le Sénégal, l’enjeu est maintenant de transformer cette convergence sur la méthode en accords effectifs et en allègement de la pression des remboursements sur les finances publiques.
Sources : Rapport des coprésidents de la Table ronde, 14 octobre 2026 ; Compendium technique ; Reuters, 13 octobre 2026.
