Ousmane Sonko s’exprimant à la tribune de l’Assemblée nationale du Sénégal

À l’ouverture de la session ordinaire unique 2026-2027 de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a placé la transparence, la reddition des comptes et l’évaluation des politiques publiques au cœur de son discours. Au-delà de la régularité des dépenses, il a insisté sur la nécessité de mesurer leur impact réel sur les conditions de vie des Sénégalais.

La gestion des deniers publics ne doit plus être appréciée uniquement à l’aune du respect des procédures. Devant les députés, Ousmane Sonko a appelé à renforcer la transparence et la reddition des comptes dans la conduite des affaires publiques.

« La chose publique nous oblige », a-t-il rappelé, soulignant que les ressources de l’État ne sauraient être considérées comme la propriété de ceux qui exercent temporairement le pouvoir. « L’État n’est pas la propriété d’un gouvernement. Le Trésor public n’est le patrimoine d’aucun responsable. Les institutions ne sont le butin d’aucune majorité », a-t-il déclaré.

Derrière ces formules se trouve une exigence : les responsables publics doivent pouvoir expliquer leurs décisions, justifier l’utilisation des moyens mis à leur disposition et répondre des résultats obtenus.

La régularité des dépenses ne suffit plus

Le leader de PASTEF a insisté sur la nécessité d’aller au-delà du contrôle classique des dépenses. Une opération peut respecter les procédures administratives sans atteindre les objectifs qui lui étaient assignés.

« Une dépense peut respecter toutes les procédures et manquer tous ses objectifs », a-t-il souligné. L’enjeu consiste donc aussi à vérifier si les investissements réalisés ont produit les effets attendus et amélioré les conditions de vie des populations.

Dans cette perspective, l’évaluation des politiques publiques doit occuper une place centrale dans le contrôle parlementaire. Elle doit permettre de mesurer les résultats, de relever les insuffisances et, lorsque cela s’impose, de corriger les choix effectués.

Les fonds spéciaux et les ressources naturelles au cœur du contrôle

La transparence dans la gestion des ressources naturelles constitue un autre axe important du discours. En rappelant que ces ressources appartiennent au peuple, conformément à l’article 25 de la Constitution, Ousmane Sonko a défendu le renforcement du contrôle parlementaire sur leur gestion.

Les fonds dits spéciaux ont également été évoqués. La transparence ne signifie pas que toutes les informations doivent être rendues publiques sans distinction. Elle ne saurait justifier une atteinte à la vie privée ou à la présomption d’innocence. Toutefois, les impératifs de confidentialité ne doivent pas servir à soustraire à tout contrôle les décisions qui engagent l’intérêt général.

Ces déclarations interviennent alors que plusieurs initiatives parlementaires visent à renforcer le contrôle de la gestion publique, notamment dans les domaines des ressources naturelles et des fonds spéciaux.

Transparence et confiance démocratique

Ousmane Sonko a également insisté sur le lien entre transparence et confiance démocratique. Selon lui, cette confiance ne peut reposer uniquement sur des déclarations d’intention. Elle se construit grâce à la cohérence entre les paroles et les actes, ainsi qu’à la possibilité pour les citoyens de vérifier les informations qui leur sont communiquées.

Il a enfin plaidé pour une information publique compréhensible et accessible dans les langues nationales. La publication de documents administratifs ne suffit pas si leur contenu demeure difficile à saisir pour les populations.

Par Kayfoor

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