A Dakar, des taxis électriques chinois pour moderniser le parc automobile
Au Sénégal, après le bus électrique, place aux taxis électriques. Pour ce projet pilote, la Banque pour le commerce et l’industrie vient d’investir dans un premier lot de 100 taxis 100% électriques. L’objectif : en avoir 10 000 d’ici 2030 pour moderniser le transport urbain toujours très polluant à Dakar.
Les 100 véhicules gris flambant neufs de la marque chinoise Geely sont tous garés sous un grand hangar. Un premier lot accueilli en grande pompe et une première étape dans la modernisation du parc automobile sénégalais. C’est ce qu’espère Barra Sow, administrateur du Fonds de développement des transports terrestres : « Cent véhicules, c’est un début. Au Sénégal, le transport est très vétuste. Il y a des véhicules qui datent et créent une pollution qu’on a du mal à gérer. L’introduction progressive de ces véhicules électriques va être une bouffée d’oxygène pour l’environnement et créer des conditions de transport beaucoup plus confortables. »
L’idée est de créer un cercle vertueux : un transport plus écologique, avec des chauffeurs soit futurs propriétaires de la voiture avec un système de crédit-bail, soit salariés d’un groupement d’intérêt économique (GIE) ou d’une coopérative de transporteurs, avec contrat et compte en banque obligatoires.
Une nouvelle forme d’inclusion financière
« Le salaire toutes charges comprises est de 229 000 francs CFA (environ 350 euros, NDLR), avec assurance maladie et prime de retraite. À cela s’ajoute une politique d’épargne qui leur permet d’être éligibles à un autre crédit pour leur propre compte. Les chauffeurs de taxis bénéficient de cette inclusion financière. Et, par ricochet, leurs familles », explique Papa Massal Dièye, directeur général de la Banque pour le commerce et l’industrie (BCI), à l’initiative du projet.
Une bancarisation intéressante pour la BCI, qui gère tout l’aspect financier, mais qui donne aussi de nouvelles perspectives aux chauffeurs. Famara Dafe, à la tête d’un GIE de 25 chauffeurs, se réjouit surtout des économies d’essence : « Avant ces véhicules, un taximan pouvait rouler toute la journée et dépenser en gasoil près de 30 000 francs CFA (environ 45 euros, NDLR). Aujourd’hui, on nous amène des véhicules et avec 5 000 francs CFA (environ 7,60 euros, NDLR), tu as 430 kilomètres ! Là, nous disons merci ! » Reste la mise en place des bornes électriques, en cours, promet l’entreprise qui s’en charge. Huit bornes avec charge rapide et fonctionnant sur batterie doivent être installées à Dakar.
10 000 véhicules d’ici 2030
Le coût des 1 000 véhicules est de 20 millions d’euros, selon la BCI. Dix milles doivent être livrés d’ici 2030. Shilu-Jie, responsable du projet chez Geely, confirme l’intérêt de son entreprise pour ce nouveau marché sénégalais : « Ça les intéresse beaucoup, car ici, c’est le début des véhicules électriques et ils vont apporter les services pour les réparations et tout car ils ont l’expertise. »
Reste un frein majeur pour devenir propriétaire des voitures électriques : le coût de la mensualité – entre 500 et 600 euros par mois – pour acquérir le véhicule, au bout de quatre ans, risque d’être inaccessible pour la majorité des chauffeurs de taxi.




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