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Subventions : Les nouvelles exigences fortes du FMI au Sénégal

 Au moment où le Sénégal rencontre ses créanciers pour son plan de traitement de la dette, le Fonds monétaire international (FMI) publie un rapport contre les subventions généralisées.

Dans un contexte de poussée de l’inflation, ce sont les aides ciblées, et non les subventions,, qui permettent de protéger au mieux la population. Dans un rapport publié hier, le FMI soutient qu’un soutien mieux orienté permet d’aider les familles vulnérables à un coût bien inférieur à celui des subventions généralisées et contribue à préserver des ressources budgétaires limitées.

Rapport du FMI sur les subventions

Hasard ou simple coïncidence du calendrier ? En effet, au moment où le Sénégal rencontre ses créanciers pour son plan de traitement de la dette, le Fonds monétaire international (FMI) publie un rapport contre les subventions généralisées. Dans ce document, le Fonds estime que les subventions sont coûteuses. Le FMI soutient que des « transferts ciblés et temporaires » constituent le moyen le plus efficace et économique de protéger les ménages les plus pauvres lorsque les prix des biens de première nécessité s’envolent.

Cette approche, selon le Fonds, apporte un soutien direct à ceux qui en ont le plus besoin, préserve l’espace budgétaire limité et permet que les prix élevés du marché continuent à transmettre un signal de rareté, incitant ainsi les consommateurs à réduire leur consommation s’ils le peuvent. En outre, le FMI s’oppose au contrôle des prix. Il estime que les mesures de limitation des prix sont bien moins efficaces, car leurs coûts budgétaires sont nettement plus élevés. « Pour offrir la même protection aux familles à faible revenu au moyen de subventions à la consommation, il peut falloir trois à six fois plus de ressources budgétaires que pour des transferts ciblés. Les subventions à la production peuvent coûter 14 à 22 fois plus cher que le soutien ciblé au revenu », note le rapport. Lequel explique qu’une grande partie de ces aides ne parviennent en effet pas à ceux qui en ont le plus besoin.

Effets négatifs des subventions

Ces mesures entraînent aussi des pertes d’efficience à plus grande échelle, selon le document qui explique qu’en maintenant les prix à un niveau artificiellement bas, elles réduisent les incitations à préserver des ressources limitées, ce qui peut faire grimper davantage les prix mondiaux si ces mesures sont prises simultanément par de nombreux pays. Par voie de conséquence, explique le rapport, les arbitrages économiques seront encore plus difficiles pour les pays à faible revenu. « Les subventions à la production sont encore moins efficientes. En réduisant les coûts de production plutôt qu’en apportant un soutien direct aux ménages, elles profitent aux consommateurs étrangers grâce à la baisse des prix à l’exportation des produits en aval. En conséquence, les contribuables paient davantage au profit de populations et d’entreprises d’autres pays plutôt que de familles vulnérables de leur propre pays », poursuit notre source.

Selon le Fonds, le coût des produits de première nécessité, qu’il s’agisse des denrées alimentaires, de l’électricité ou des carburants, a fortement augmenté ces cinq dernières années. Cette hausse marquée s’explique en grande partie par les perturbations sur les marchés mondiaux des produits de base, depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 jusqu’au conflit qui sévit cette année au Moyen-Orient.

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