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Une Sénégalaise parmi les 11 lauréats mondiaux des Prix Jeunes Scientifiques 2026 de l’UNESCO

La chercheuse sénégalaise Awa Touré a été sélectionnée parmi les onze lauréats mondiaux des Prix Jeunes Scientifiques 2026 du Programme « L’Homme et la biosphère » (MAB) de l’UNESCO. Cette distinction internationale récompense de jeunes chercheurs dont les travaux apportent des solutions innovantes aux défis environnementaux dans les réserves de biosphère à travers le monde.

Doctorante au WASCAL (West African Science Service Center on Climate Change and Adapted Land Use) et à l’Université de Gambie, Awa Touré consacre ses recherches à la Réserve de biosphère du Delta du Saloum, un écosystème d’une importance écologique majeure au Sénégal, mais confronté à de profondes mutations liées aux changements climatiques.

Une recherche au cœur des enjeux du Delta du Saloum

Le Delta du Saloum subit de multiples pressions : l’érosion côtière gagne du terrain, la salinisation affecte les terres agricoles et la variabilité des précipitations fragilise les écosystèmes comme les moyens de subsistance des populations.

Face à ces défis, la jeune chercheuse explore une piste encore peu étudiée : le rôle que peuvent jouer les établissements scolaires dans la protection de l’environnement.

Son projet cherche à déterminer si les collèges et lycées du Delta du Saloum peuvent devenir de véritables acteurs de la conservation des mangroves et de l’adaptation au changement climatique, plutôt que de se limiter à transmettre des connaissances théoriques sur l’environnement.

Pour répondre à cette question, Awa Touré compare huit établissements secondaires, certains travaillant déjà avec des organisations de conservation et d’autres non. L’étude évalue non seulement les connaissances acquises par les élèves, mais aussi les changements concrets observés sur le terrain grâce à leur implication.

Pourquoi les mangroves sont-elles essentielles ?

Les mangroves constituent l’un des écosystèmes les plus précieux des zones côtières. Elles protègent les rivages contre l’érosion, servent de nurseries à de nombreuses espèces de poissons, stockent d’importantes quantités de carbone et participent à la lutte contre les effets du changement climatique.

Au Sénégal, leur préservation est devenue une priorité, notamment dans le Delta du Saloum où elles jouent un rôle écologique, économique et social fondamental.

Une distinction qui dépasse le parcours individuel

Dans un message publié après l’annonce des résultats, Awa Touré s’est dite « très honorée » de représenter le Sénégal parmi les lauréats mondiaux des MAB Young Scientists Awards 2026.

« Cette bourse vient appuyer mes recherches en tant qu’allocataire au Programme WASCAL. Mes travaux portent sur l’éducation climatique dans les écoles, et sur les initiatives locales pour l’adaptation et la conservation des mangroves dans la région du Sine-Saloum », a-t-elle déclaré.

Elle s’est également réjouie d’intégrer le réseau international des jeunes chercheurs du Programme MAB afin de contribuer à l’avancement de la recherche au Sénégal, en Afrique et dans le monde.

L’Université Cheikh Anta Diop a salué cette distinction, estimant qu’elle récompense « la qualité de ses recherches sur l’éducation climatique, l’adaptation des communautés et la préservation des mangroves dans le Sine-Saloum », tout en soulignant qu’elle contribue au rayonnement de la recherche sénégalaise sur les scènes africaine et internationale.

Un programme mondial au service du développement durable

Les Prix Jeunes Scientifiques du Programme MAB sont attribués chaque année par l’UNESCO à de jeunes chercheurs dont les travaux portent sur les réserves de biosphère, véritables laboratoires où sont expérimentées des solutions conciliant conservation de la biodiversité et développement durable.

Les lauréats 2026, issus de dix pays, travaillent sur des problématiques variées : adaptation au changement climatique, restauration des mangroves, écotourisme durable, protection des glaciers, biodiversité ou encore valorisation des savoirs traditionnels.

Les résultats ont été annoncés lors de la 38ᵉ session du Conseil international de coordination du Programme MAB, organisée dans la Réserve de biosphère d’Itaipu, au Paraguay.

Un signal encourageant pour la recherche sénégalaise

La distinction obtenue par Awa Touré illustre la place croissante de la recherche sénégalaise dans les grands débats internationaux sur le climat et la biodiversité.

Son projet rappelle également que les réponses aux défis environnementaux ne reposent pas uniquement sur les politiques publiques ou les innovations technologiques. L’éducation des jeunes générations et leur implication dans la gestion durable des ressources naturelles peuvent aussi devenir des leviers essentiels pour renforcer la résilience des territoires les plus vulnérables aux changements climatiques.