Grâce royale pour les supporters sénégalais : Rabat et Dakar choisissent l’apaisement malgré le dossier toujours pendant devant le TAS
Le roi du Maroc, Mohammed VI, a accordé ce 23 mai 2026 une grâce royale aux derniers supporters sénégalais encore détenus au Maroc après les incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025 disputée à Rabat le 18 janvier dernier.
Cette décision met pratiquement un terme au volet humain et judiciaire d’une crise née dans un contexte sportif extrêmement tendu, après une finale chaotique entre le Sénégal et le Maroc. Ce soir-là, plusieurs incidents avaient éclaté à la suite d’un penalty accordé au Maroc dans les dernières minutes du match, provoquant des jets de projectiles, des mouvements de foule et des tentatives d’envahissement de terrain au stade Moulay-Abdellah de Rabat.
À la suite des événements, 18 supporters sénégalais avaient été arrêtés puis condamnés en février 2026 à des peines allant de trois mois à un an de prison. Trois d’entre eux avaient déjà retrouvé la liberté à la mi-avril après avoir purgé leur peine. Les quinze autres étaient encore détenus jusqu’à la grâce royale annoncée à l’occasion de l’Aïd al-Adha.
Dans son communiqué, le cabinet royal marocain a évoqué des « considérations humaines » ainsi que « les relations fraternelles séculaires » entre le Maroc et le Sénégal.
Au Sénégal, cette décision est largement perçue comme un geste d’apaisement majeur de la part de Rabat. Malgré les tensions suscitées par cette CAN, les deux États ont constamment veillé à préserver la solidité de leur relation diplomatique, considérée comme l’une des plus stables et stratégiques du continent africain.
Depuis plusieurs décennies, Dakar et Rabat entretiennent une coopération dense dans les domaines religieux, économique, universitaire, sécuritaire et diplomatique. Le Maroc demeure notamment un partenaire important du Sénégal dans les secteurs bancaire, immobilier, agricole et des infrastructures, tandis que les échanges humains entre les deux peuples restent particulièrement forts.
Cette grâce royale apparaît ainsi comme un signal politique fort : celui de la volonté des deux capitales de ne pas laisser une crise sportive durablement affecter une relation historique souvent présentée comme fraternelle.
Pour autant, le contentieux sportif n’est pas clos.
Le litige autour de la finale de la CAN 2025 reste toujours pendant devant le Tribunal arbitral du sport. Après avoir remporté la finale sur le terrain sur le score de 1-0, le Sénégal avait vu son titre retiré par le jury d’appel de la CAF le 17 mars 2026, qui avait finalement attribué la victoire au Maroc sur tapis vert.
Les autorités sénégalaises et la Fédération sénégalaise de football ont depuis saisi le TAS afin de contester cette décision historique et controversée. Les débats juridiques portent notamment sur l’interruption du match, le retrait momentané des joueurs sénégalais de la pelouse et les conséquences disciplinaires des incidents survenus dans le stade.
En attendant le verdict du TAS, la grâce accordée par le souverain marocain permet néanmoins de détendre considérablement le climat entre les deux pays et de tourner une page humaine devenue particulièrement sensible pour les familles des détenus comme pour l’opinion publique sénégalaise.



